Betteraves : Des acomptes « inadmissibles » chez Tereos et Saint Louis Sucre - Actualités - Agrodistribution - Coopératives et négoces

Betteraves Des acomptes « inadmissibles » chez Tereos et Saint Louis Sucre

Agrodistribution | Publié le jeudi 04 avril 2019 - 12h04

Les acomptes versés le 31 mars par les groupes sucriers aux producteurs de betteraves ne font que des mécontents. Après une manifestation de planteurs le 31 mars chez le président du conseil de surveillance de Tereos, la CGB dénonce dans un communiqué, le 2 avril, des niveaux d’acomptes « inadmissibles et incompréhensibles » chez Saint Louis Sucre.

Chez Tereos, il manque 6 €/t de betterave par rapport aux 25 € attendus par les producteurs. Chez Saint Louis Sucre, les planteurs n’ont touché que 13,50 €/t hors pulpes et forfait à 0 %. © S. LEITENBERGER

Chez Tereos, il manque 6 €/t de betterave par rapport aux 25 € attendus par les producteurs. Chez Saint Louis Sucre, les planteurs n’ont touché que 13,50 €/t hors pulpes et forfait à 0 %. © S. LEITENBERGER

6,50 €/t au lieu de 12,50 € attendus pour l’acompte au 31 mars chez les planteurs de Tereos ; deux versements jusqu’à présent, de seulement 13,50 €/t hors pulpes, pour les producteurs de Saint Louis Sucre (l’équivalent de 14,97 €/t chez les autres groupes sucriers qui continuent à déduire un forfait collet de 7 %)... Après la coopérative Cristal Union qui, en juin 2018, a renoncé au prix sur lequel elle s'était engagée, c'est au tour de Tereos et de Saint Louis Sucre de provoquer le mécontentement de leurs producteurs de betteraves.

Seize agriculteurs chez François Leroux

Choqués de recevoir un acompte aussi faible et d’en avoir été informés seulement deux jours avant son virement, seize adhérents de Tereos ont manifesté dimanche 31 mars, sur l’exploitation de François Leroux, président du conseil de surveillance de Tereos, dans l’Aisne. « J’avais été prévenu par un syndicaliste et les renseignements généraux, mais je ne savais pas combien d’agriculteurs seraient présents », précise-t-il.

Pour le moment, les planteurs de Tereos ont reçu 12,50 €/t en novembre, 6,50 € le 31 mars, soit au total 19 €/t au lieu des 25 €/t attendus. « François Leroux nous a reçus cordialement, souligne Arnaud Ferry, agriculteur à Trumilly (Oise), l’un des manifestants. Nous étions tous des agriculteurs de base, aucun membre d’association, aucun syndicaliste. Il nous a redit que la branche sucre était en difficulté. Nous lui reprochons surtout le défaut de communication dans cette affaire. D’après ses indications, nous en avons déduit que nous allions a priori toucher 3 à 4 €/t de moins que les 28 € de l’an dernier, tout compris, prix des betteraves, pulpes, dividendes, primes de récoltes précoces et tardives... »

L’ADCT fait part également de son mécontentement

Le président du conseil de surveillance est à peu près sur les mêmes chiffres. « Nous continuons à garantir les 25 €/t tout compris, assure-t-il. Une partie sera versée en juin car elle viendra de la diversification sous forme de dividendes. Pour le reste, nous ne savons pas encore quand nous les verserons, mais ce sera dès que possible. »

L'association de défense des coopérateurs de Tereos, ADCT, a fait également part de son mécontentement le 1er avril, dans un communiqué. « Si Tereos va bien, pourquoi limiter ce second versement à 6,50 € ? » « L’enjeu est de 120 millions d’euros », souligne Gilles Bollé, un des membres de l’ADCT.

« Faire fuir les planteurs »

Chez Saint Louis Sucre, les acomptes versés à ce jour sont encore plus bas. Ils ont atteint des niveaux « inadmissibles et incompréhensibles », s’insurge dans un communiqué la CGB des régions où la filiale du groupe allemand Südzucker est présente : « Dans la grille d’équivalence prix du sucre/prix de la betterave de nos contrats Saint Louis Sucre, ce prix SZ4 ressortirait à 263 €/t de sucre alors que l’observatoire des prix européens ressort à 305 €/t en moyenne au dernier trimestre 2018. »

« C’est à se demander s’il ne s’agit pas d’une façon de faire fuir les planteurs et justifier ainsi la fermeture des usines », avance la CGB. Le groupe sucrier a, rappelons-le, annoncé la fermeture de deux de ses quatre usines en France, celles d'Eppeville (Somme) et de Cagny (Calvados).

Revoir le système de contractualisation

Quel que soit le groupe sucrier, au total, la CGB estime qu’il manque « a minima 500 €/ha » aux producteurs de betteraves. « Au-delà de la crise sans précédent que traverse le marché du sucre, c’est le révélateur de pratiques contractuelles qui doivent être revues, ajoute le syndicat. L’urgence porte sur la trésorerie des exploitations. Au-delà se pose la question des leviers pour une contractualisation plus robuste. »

Blandine Cailliez

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