Conseil et vente Le groupe de travail sur la séparation patine

Agrodistribution | Publié le mercredi 18 juillet 2018 - 15h24

Le 12 juillet, les parties prenantes étaient invitées à participer au groupe de travail sur le conseil agricole dans le cadre de la loi Egalim. Pour les participants, déçus, aucune réponse n'a été apportée.

A l'issue de la première réunion du groupe de travail intitulé « Conseil, accompagnement des agriculteurs et diffusion des solutions alternatives », chacun est resté sur sa faim. © C. WATIER

A l'issue de la première réunion du groupe de travail intitulé « Conseil, accompagnement des agriculteurs et diffusion des solutions alternatives », chacun est resté sur sa faim. © C. WATIER

La déception est à la hauteur des attentes. Et sur le sujet de la séparation entre le conseil et la vente, elles sont conséquentes. Déjà, le feuilleton politique n'est pas terminé, après l'échec de la Commission mixte paritaire le 10 juillet, où sénateurs (qui avaient beaucoup retouché le texte) et députés devaient se mettre d'accord. L'examen en deuxième lecture à la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale a débuté le 17 juillet.

« Pas de réponses à nos questions »

En parallèle, le groupe de travail intitulé « Conseil, accompagnement des agriculteurs et diffusion des solutions alternatives » devait avancer sur le sujet, dans le cadre de la loi EGalim, le 12 juillet. Il a réuni une cinquantaine de personnes : administration (DGPE, DGAL), profession agricole (Coop de France, FNA, UIPP, syndicats agricoles, APCA, Fnab, conseillers indépendants, Audace...) et associations (FNE, Générations futures, UFC-Que Choisir...).

Outre un tour de table où chacun a pu exprimer son point de vue, des sociologues ont évoqué les enjeux du conseil agricole, et les participants ont été invités à envoyer des contributions écrites durant l'été. Les sons de cloche post-réunion sont similaires : a minima, chacun reste sur sa faim.

Pour Damien Mathon, délégué général de la FNA, « Manifestement, en l'absence de stabilisation au Parlement du champ d'habilitation, l'administration n'avait pas les principales lignes pour conduire une réunion où chacun aurait pu argumenter. Nous n'avons pas eu de réponses à nos questions. Notamment, quid des CEPP ? Et comment garantir l'égalité de traitement entre les conseillers agricoles avec la séparation ? Si le choix est fait de séparer de la vente le conseil quotidien fait par les vendeurs, quelle adéquation avec le droit français et européen ? »

Christophe Grison, président de Valfrance et représentant de Coop de France, juge que : « soit rien n'est écrit, soit tout est écrit et on ne veut rien nous dire. Nous sommes inquiets sur ce dossier. »

A l'UIPP, la directrice, Eugénia Pommaret, réagit : « je suis restée sur ma faim ». Plus généralement sur ce sujet du conseil dans la loi EGalim, elle indique : « Vu de notre secteur, on a éludé trois points. D'abord, les enjeux de santé du végétal. Ensuite, les compétences nécessaires aux conseillers. Il faut faire la liste de ce dont ils ont besoin : connaissances en phytopathologie, données de recherche... Enfin, le cadre réglementaire a été complètement oublié, alors qu'il existe en France un agrément pour la vente et le conseil, et une directive européenne sur les produits phytosanitaires. »

Chez France Nature Environnement, Claudine Joly, qui s'était exprimée dans nos colonnes sur les positions de l'ONG, se dit découragée : « on ne sent pas de volonté politique sur cette mesure ambitieuse qu'est la séparation du conseil et de la vente. C'est pourtant une promesse de campagne. »

En somme, le discours de l'administration n'a pas convaincu, et tout le monde reste dans l'attente. La date du prochain groupe de travail n'est pas connue, il devrait se tenir à la rentrée. En parallèle, le CGAAER a été missionné pour réaliser une étude d'impact sur la mise en place d'une séparation du conseil et de la vente. Une demande formulée par la profession depuis plusieurs mois.

Marion Coisne

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