EGalim  Michel Prugue : « Il ne suffit pas d’une incantation pour que chacun paye plus cher »

Agrodistribution | Publié le jeudi 31 août 2017 - 11h05

Suite à l’ouverture des Etats généraux de l’alimentation mardi 29 août, Michel Prugue, président de Coop de France, répond à nos questions.

« La coopération agricole et agroalimentaire va contribuer aux travaux des quatorze ateliers thématiques, avec des propositions concrètes », annonce le président de Coop de France, Michel Prugue. © H. LAURANDEL

« La coopération agricole et agroalimentaire va contribuer aux travaux des quatorze ateliers thématiques, avec des propositions concrètes », annonce le président de Coop de France, Michel Prugue. © H. LAURANDEL

L’atelier numéro 5, intitulé « Rendre les prix d’achats plus rémunérateurs pour les agriculteurs », qui a ouvert les Etats généraux de l’alimentation, est copiloté par deux personnalités issues de l’aval : Serge Papin, PDG de Système U, et François Eyraud, directeur général de Produits Frais Danone. Que pensez-vous de cette décision ?

Michel Prugue : Je ne vais pas commenter les choix du ministère de l’Agriculture. Ce peut être intéressant de mettre en avant des personnalités avec une responsabilité morale et éthique importante. Nous verrons dans les débats et conclusions si c’était une bonne idée. L’important, c’est le sujet qu’il y a à traiter : le revenu des agriculteurs. Le revenu se compose de prix de vente, de coûts de production et de performances techniques. Agir sur un seul élément n'est pas suffisant. Celui du prix de vente est la conséquence d'une offre et d'une demande ainsi que d'une capacité de négociation. Un rééquilibrage est indispensable. Il est par ailleurs nécessaire de développer des outils de gestion du risque pour lisser la volatilité des prix. Il ne suffit pas d’une incantation pour que les industriels, distributeurs et consommateurs payent le prix souhaité par les producteurs.

Dans un second temps, des ateliers porteront sur des aspects plus environnementaux, avec de possibles discussions sur une séparation du conseil et de la vente. Comment voyez-vous les débats ?

M. P. : Cette partie porte sur « Comment traduire les attentes exprimées par la société ? », avec une peur sur l’utilisation des produits phytosanitaires et les nouveaux savoirs. Si l’on regarde ce qui se pratique sur la séparation conseil et vente entre médecin et pharmacien, on voit qu’il y a toujours autant de visiteurs médicaux et que les Français restent de gros consommateurs. L'agriculture travaille beaucoup avec des cahiers des charges négociés avec ses clients et ce sujet de la maîtrise des intrants phytosanitaires est de plus en plus central. Il nous est fait un mauvais procès, car les pratiques agricoles changent rapidement chaque fois qu'une alternative efficace est proposée. Chaque demande a un prix et cela nous ramène aux prix d'achat corrélés avec les prix de revient. Toujours plus et toujours moins cher, l'agriculture ne sait plus faire.


Mettre autour de la table les différentes parties prenantes s’est déjà produit, quel est votre ressenti par rapport à ces Etats généraux de l’alimentation ?

M. P. : Nous avons l’occasion d’apporter dans les débats de vraies argumentations. Nous avons un président de la République qui prône de mettre le pragmatisme au service de la société française. Il donne le sentiment de prendre en compte la protection du citoyen mais avec une obligation de résultat sur la performance économique. La coopération agricole et agroalimentaire va contribuer aux travaux des quatorze ateliers thématiques, dans cet état d'esprit, avec des propositions concrètes.

Marion Coisne

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