Sucre  Cristal Union supprime le prix minimum

Agrodistribution | Publié le jeudi 14 juin 2018 - 13h54

Dans la tourmente d'un marché du sucre baissier, Cristal Union a annoncé le 13 juin la suppression du prix minimum et adopte une nouvelle stratégie de consolidation.

De gauche à droite, Xavier Astolfi, DG adjoint, Olivier de Bohan, président, et Alain Commissaire, DG du groupe coopératif sucrier Cristal Union. © H. LAURANDEL

De gauche à droite, Xavier Astolfi, DG adjoint, Olivier de Bohan, président, et Alain Commissaire, DG du groupe coopératif sucrier Cristal Union. © H. LAURANDEL

Si les rendements en betterave sucrière ont été proches du record en 2017 avec 15 tonnes de sucre par hectare, et un prix payé au producteur de 28,24 €/t, pulpes et intérêts aux parts inclus, c'est une autre chanson depuis quelques mois quant au prix du marché qui s'est effondré. Aussi, Cristal Union a décidé de mettre fin au prix minimum dès cette campagne 2018. « Lors des assemblées de section, nous avons tenu à avoir un message de vérité auprès de nos adhérents. Nous n'avons que des mauvaises nouvelles en fait avec un gouvernement qui abandonne son agriculture », explique Olivier de Bohan, le président de la coopérative sucrière.

Diviser par deux les investissements

Aussi, Cristal Union a pris le parti d'être encore plus offensif, car « nous devons nous projeter dans un monde où les politiques ne sont pas cohérentes », ajoute son président, qui exprime son désabusement face au plafonnement à 7 % de l'incorporation des biocarburants de première génération dans les carburants fossiles et au projet de retrait des néonicotinoïdes. « Que l’on nous laisse le temps de trouver des alternatives. »

Le conseil d'administration du groupe coopératif a alors statué sur une réduction drastique des investissements, en les divisant par deux, soit 50 M€ pour 2019 puis 35 M€, alors qu'ils se montaient à 70 M€ en 2017 et 92 M€ en 2018. Une décision d'autant plus facile à prendre que le groupe a déjà investi plus d'1 milliard d'euros depuis 2010 pour porter ses sites de production au meilleur niveau technologique, faire progresser la qualification du personnel, acter la transition énergétique avec la fin des ressources fuel et charbon, et passer au tout numérique.

750 nouveaux coopérateurs

Au bout du compte, c'est un groupe qui a bien redressé la barre financièrement, après deux campagnes déficitaires, affichant un résultat net positif à hauteur de 49 M€ pour un chiffre d'affaires de 2 milliards d'euros, en hausse de 21 %. Le cash-flow de 76 M€ permet d'en reverser 62 M€ aux coopérateurs et de réduire de 20 M€ l'endettement. Un redressement permis notamment par la venue de 750 nouveaux coopérateurs à la suite de la reprise du groupe Vermandoise et de l'adhésion de betteraviers venant du groupe Saint-Louis Sucre.

Cristal Union se félicite d'ailleurs d'avoir augmenté ses surfaces et sa production dans un contexte de prix à la baisse, pouvant ainsi mieux écraser les charges fixes.

Du sucre bio en 2019

A ce jour, le groupe sucrier va se focaliser sur sa consolidation, afin de mieux affronter un marché en pleine évolution structurelle avec les positions prises par l'Inde et la Thaïlande, soit par la recherche d'alliances avec d'autres groupes, soit par la reprise des structures fragilisées. Il continue à diversifier son activité en cherchant à coller à la demande du marché. D'où le lancement d'une filière bio avec 145 ha en 2018 et 1 500 ha en 2019. La première production de sucre bio étant attendue pour 2019. Il se développe aussi dans la production de luzerne déshydratée lancée en 2017 sur 6 000 ha, dont 30 % en bio.

Hélène Laurandel

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