« Dès le 20 mars, soit quatre jours après l’annonce du confinement, nous avons réuni un conseil d’administration extraordinaire. Dès que nous avons vu la tournure que prenait l’activité élevage, avec la disparition de certains débouchés, notamment vers la RHD, et le mode de consommation des particuliers qui a très vite évolué. Un impératif s’est tout de suite imposé : mettre en place des mesures d’aides à la trésorerie des exploitations », relève Arnaud de Maret, directeur général d’EMC2.

Avances à taux zéro, factures décalées

« Pour les éleveurs, les premiers impactés, il a été décidé de décaler de 30 jours la facture d’achat des animaux maigres. Des avances à taux zéro sont accordées pour les animaux annoncés et qui n’ont pu être enlevés, détaille le DG. Pour faire le pendant en céréales, des avances à taux zéro également sont instaurées pour les marchandises engagées et en retard d’enlèvement. Des majorations bimensuelles de stockage seront versées pour les céréales qui n’auront pu être enlevées. Dans ce dernier cas, nous avons anticipé d’éventuels problèmes de transport, de personnel. Même si, actuellement, les niveaux d’exécution sur les marchés sont bons. Enfin, les factures d’appros phytos, aliments, semences, fuel, équipement, machinisme échues au 31 mars ont été décalées d’un mois. Une décision qui pourra être renouvelée fin avril si la situation ne s’est pas améliorée. »

Un décalage de 20 millions d’euros

Cette dernière mesure représente pour le groupe un décalage de 20 millions d’euros. Sachant que cette échéance du 31 mars est traditionnellement conséquente et que le CA appros du groupe, sur un an, est de 120 M€. « Toutes ces mesures, très appréciées des éleveurs, ont pour objectif d’apporter un bol d’air à nos adhérents, dans une période encore plus compliquée, car traditionnellement synonyme de grosse activité », insiste Arnaud de Maret.

Dominique Péronne