Engagées avant la crise, les négociations sur le télétravail vont s’enrichir des expériences concrètes des deux mois de confinement suivis du déconfinement progressif, explique Jean-Michel Boussit, directeur d’Axéréal élevage. Cette division est l’un des quatre métiers du groupe coopératif, avec les métiers du grain, la malterie et la meunerie qui ont chacun leur propre dynamique en la matière. Pour le secteur élevage, l’ouverture des négociations était fixée pour septembre et elle est pour l’instant maintenue à cette date.

« En mars, nous avons mis en place le télétravail dans l’urgence avec cette crise du Covid-19. Le format 5 jours sur 5 était majoritaire, et depuis la sortie du confinement, nous sommes passés plutôt à 4 sur 5, avec, si tout se déroule bien sur le front sanitaire, un passage rapide à 3 sur 5 », prévoit le directeur.

Oui, ça marche mais il faut trouver l’équilibre

Pour le dirigeant, le premier enseignement de ce confinement, c’est que oui, le télétravail ça fonctionne même dans des conditions aussi particulières avec, par exemple, la présence d’enfants. « Nous avons eu quelques problèmes techniques, mais à la marge. Le confinement a montré l’importance d’une certaine présence néanmoins pour la cohésion et l’aspect réellement social du travail. Nous voyons aussi des différences entre les salariés, en termes d’autonomie. Certains ont besoin d’une réassurance régulière de leur manager sur leur travail, d’autres sont plus enclins au relâchement, d’autres encore ont, à l’inverse, du mal à faire la part entre le temps professionnel et le temps personnel. Il faut trouver l’équilibre, ce qui n’est pas toujours facile. Tout cela renforce bien le rôle des managers », liste Jean-Michel Boussit.

Pour lui, les négociations vont être rendues encore plus constructives par tous ces constats. « Au regard de toutes ces observations, il semble possible selon les services de passer au télétravail entre 1 et 3 jours sur 5 », résume-t-il.

Allégement des réunions avec la visio

D’autres éléments vont changer : « Je vais alléger les réunions parisiennes grâce aux visioconférences et nous allons probablement aussi modifier nos réunions pour réduire les risques routiers, les frais et les pertes de temps en transport. » Ainsi, il envisage de passer de 2 à 4 réunions des managers de la division par an, dont trois en visio et 1 physiquement, « car il est vraiment nécessaire de conserver un présentiel de qualité », pointe le directeur.

Déconfinement ne doit pas rimer avec relâchement

Outre l’évolution du télétravail depuis le 11 mai, le déconfinement ne se fait pas de manière erratique, « au contraire, la vigilance doit être renforcée, que ce soit pour les gestes barrières dont le port du masque ou la distanciation physique, insiste Jean-Michel Boussit, même si nous voyons bien que tout le monde a envie de parler ». Et d’annoncer : « Nous avons aussi relancé une campagne de sensibilisation des salariés à tous les aspects de la sécurité, surtout la sécurité routière, mais aussi la sécurité en usine car déconfinement ne doit pas rimer avec relâchement. »

Yanne Boloh