Après la crise Covid-19, l’organisation du négoce Maudet (48 personnes) sera finalement assez similaire à celle d’avant, même si la situation atypique a confirmé sa décision d’accroître les capacités de stockage des tourteaux et autres déshydratés.

En attente d’un permis de construire

« Les éleveurs ont eu peur que nous ne puissions pas les approvisionner en tourteaux de colza ou en pulpes de betteraves. Nous avons pu assurer toutes leurs demandes, mais nous voyons qu’il y a bien une tendance à long terme et que nous devons jouer encore plus le rôle de tampon entre fournisseurs et éleveurs. Ce sont nos camions qui vont livrer du blé à Rouen et qui reviennent en charge. Les délais d’exécution sont de plus en plus courts et nous avons dans tous les cas besoin de plus de souplesse », explique Jean-Pascal Maudet, dirigeant du négoce éponyme basé à Beaumont-sur-Sarthe.

L’entreprise familiale possède 7 silos pour une capacité totale céréales et nutrition animale de 60 000 t. « Nous attendons le permis de construire pour un investissement qui devrait s’établir entre 350 000 et 400 000 € tout compris (avec le matériel) », confirme-t-il.

Grosse pression sur le fuel

Après les premiers jours de tension afin de pouvoir répondre aux demandes des éleveurs qui craignaient des ruptures d’approvisionnement, les choses sont rentrées dans l’ordre du côté agricole, sauf pour le fuel. Sa flotte de trois camions est sur le pont, encore aujourd’hui, pour livrer les agriculteurs mais aussi les particuliers qui veulent profiter de l’aubaine des prix bas.

Une nouvelle clientèle dans les Lisa

Côté Lisa, le magasin de 2 000 m2 de Beaumont-sur-Sarthe est resté tout le temps ouvert grâce à son rayon nutrition animale et basse-cour. « Nous avons même bénéficié de la venue d’une nouvelle clientèle, les gens qui habitent à proximité mais qui travaillent et font leurs courses plus loin habituellement. Comme les grandes surfaces spécialisées en bricolage étaient fermées, ils nous ont découverts, notamment pour ce rayon, et ont pu comparer les prix… Certains devraient donc rester clients dans le futur », se félicite Jean-Pascal Maudet

Côté appros, tout a été plutôt normal

Du côté des agriculteurs, tout le monde a travaillé et s’est donc approvisionné, notamment grâce au service de livraisons. « Notre politique est de proposer un service tout compris, du suivi des parcelles à la logistique et aux échanges de produits. Du côté désherbage céréales comme semis de maïs, tout a été plutôt normal. Les agriculteurs ont l’habitude de commander par téléphone via le technico-commercial. Pour ceux qui préfèrent venir chercher les produits, rien n’a finalement vraiment changé sauf, bien sûr, le respect des gestes barrières. »

L’amplitude d’ouverture a toutefois été réduite de 6 à 5 jours. « Nous avons cherché à nous organiser pour ralentir un peu le rythme afin d’assurer le remplacement des équipes », explique le dirigeant. La question de la distanciation a tenu les chauffeurs en dehors des bureaux, par exemple.

Yanne Boloh