« Les exportations représentent 30 % de notre économie nationale », rappelle Franck Riester, tout nouveau ministre délégué en charge du Commerce extérieur et de l’Attractivité, lors de sa visite des installations de Nord Céréales, avant de féliciter la réactivité de la filière céréalière dans le contexte de crise du Covid-19.

Il a notamment mis l’accent sur les nouvelles perspectives de marchés qui se sont offertes au troisième silo portuaire français avec 1,23 million tonnes de blé achetées par la Chine, un nouvel acheteur de poids pour la Sica, devant des pays clients plus traditionnels du port, en particulier l’Égypte (911 000 t) et l’Algérie (430 000 t).

La responsabilité de la France

En céréales, c’est chaque année plus de 50 % de la production française qui est exportée et qui contribue ainsi à l’économie nationale, et l’exercice 2019-2020 n’a fait que conforter l’attrait pour les céréales françaises.

« Avec la crise, de nombreux pays étrangers ont souhaité sécuriser leurs stocks alimentaires, constate Laurent Bué, président de Nord Céréales. Ce haut niveau d’exportations rappelle un point essentiel, les pays ne sont pas tous autosuffisants. Au-delà des performances économiques, il y a également des enjeux en termes de sécurité alimentaire à ne pas négliger. » Sous-entendu, la France a une responsabilité pour assurer la sécurité alimentaire à l’échelle mondiale qu’il ne faudrait pas sous-estimer.

Des décisions lourdes de conséquences

Et pour les dirigeants de Nord Céréales, l’évolution des politiques agricoles et des réglementations sanitaires interrogent quant à l’avenir de la compétitivité française. « Aux charges et aux normes se rajoute désormais la réduction drastique de solutions en mesure de protéger les cultures, avertit Laurent Bué. La classe politique doit être consciente que les impasses techniques imposées par le législateur, seront lourdes de conséquences, abandon des agriculteurs, chute des rendements ou retour de maladies toxiques pour l’homme comme l’ergot. Les efforts consentis par l’ensemble de notre filière ne doivent pas être découragés par des décisions irréversibles. »

« Nous comprenons les enjeux »

« Il s’agit d’une dynamique qui contribue directement aux emplois et à l’économie des Hauts-de-France, nous comprenons les enjeux et continuerons à vous aider pour une agriculture compétitive », a déclaré Franck Riester.

« Sur l’exercice 2019-2020, nous avons exporté 2,4 Mt de blé au départ de Dunkerque. C’est une très belle année et une consécration de la qualité et de notre savoir-faire, a précisé Joël Ratel, DG de Nord Céréales. Dans les trois années à venir, pas moins de 30 M€ vont être investis pour rénover les installations et créer un nouvel outil en mesure de répondre aux nouveaux marchés. » Nord Céréales fait aussi l’effort de réduire son empreinte carbone, en favorisant le fret multimodal, fluvial (51 %), ferroviaire (7 %) et routier (42 %).

Blandine Cailliez