Trente propositions de mesures déclinées autour de quatre axes stratégiques : La Coopération agricole s’inscrit résolument, avec tout ce travail de réflexion autour d’un plan d’avenir des coopératives, dans le futur plan de relance du gouvernement d’Édouard Philippe pour l’après-crise du Covid-19 et dans les positions de la France auprès de l’UE dans le cadre de la Pac et du Green Deal.

Même si les entreprises coopératives ont pu continuer leur activité en tant qu’acteurs du secteur prioritaire de l’alimentation, et ont démontré « une forte capacité de résilience et d’adaptation avec des ressources parfois insoupçonnées », affirme Dominique Chargé, président de La Coopération agricole, lors d’une visioconférence de presse ce jeudi 4 juin, elles accusent quand même le coup dans le cadre de la crise liée au Covid-19.

Perte de 28 % du CA en moyenne

Ainsi, selon une enquête auprès de 318 coopératives en avril et mai, en moyenne, l’activité a reculé de 30 % et une perte de 28 % de CA de mars à mai a été enregistrée. Avec une grande hétérogénéité selon les filières : pour 27 % des sondés, la perte de CA est estimée à plus de 50 % et 86 % de ces coops très impactées sont du secteur viticole. Alors qu’en appro-collecte végétale, l’activité est restée stable, voire a progressé avec le report de semis d’hiver sur des semis de printemps.

À cela s’ajoutent les surcoûts de la crise Covid-19, représentant en moyenne 0,70 % du CA (jusqu’à 2,27 % pour l’appro), pour un ratio résultat d’exploitation/CA en 2018 de 1,28 %. « Plus de 50 % du résultat sera obéré, avec pour conséquence de réduire la capacité à investir, alors que se présentent des enjeux demandant de forts investissements pour l’avenir », déplore Dominique Chargé.

Soutenir les fonds propres

Aussi, les coopératives n’échappent pas non plus à l’élaboration d’un plan de relance avec une trentaine de propositions de mesures d’avenir autour de quatre axes : renforcer la compétitivité, utiliser les atouts du modèle coopératif, financer les transitions agroécologiques et la décarbonation, et promouvoir le « produire en France ». Des mesures sous-tendues par la nécessité de souveraineté alimentaire énoncée par Macron et reprise par la profession agricole, et par la nécessité de continuer à répondre aux enjeux agroécologiques et climatiques.

Un des points forts de ce plan porte sur la suppression des distorsions de concurrence en Europe afin que « l’agriculture et l’agroalimentaire ne soient plus une variable d’ajustement dans les négociations ». Il est question par ailleurs de solliciter un soutien massif pour renforcer les fonds propres des coopératives avec, notamment, l’aide de la BPI.

Participer aux projets alimentaires territoriaux

Il est question également de demander la constitution d’un fonds pour financer les transitions agroécologiques et décarbonation, abondé par les pouvoirs publics et les opérateurs économiques, ainsi que de faire appel, pour ce financement, à une mobilisation des subventions régionales vers les exploitations agricoles et la filière agroalimentaire. Tout comme il est souhaité que les coopératives soient incluses dans la gouvernance des projets alimentaires territoriaux.

« Nous ne devons pas être traités différemment du fait que notre activité ait pu continuer. Certaines de nos entreprises ont été très affaiblies par cette crise sanitaire qui, toutefois, devrait accélérer les transitions déjà en cours et générer des réflexions pour travailler encore plus ensemble », conclut Dominique Chargé, toujours en attente d’un retour sur la demande de report d’échéance pour la modification des statuts coopératifs et l’entrée en vigueur de la législation sur la séparation conseil et vente en phyto.

L’objectif est de remonter ce plan élaboré par les équipes de La Coopération agricole auprès du ministère de l’Agriculture et aussi de l’Economie voire du Travail pour qu’ensuite, ce plan puisse atterrir au cabinet du Premier Ministre et être pris en compte dans le cadre du plan de relance national.

Hélène Laurandel