Pour la deuxième semaine consécutive, la Fédération nationale du négoce agricole (FNA) vient de diffuser, mardi 21 avril, un baromètre du niveau d’activité moyen d’une quarantaine d’entreprises de négoce. Cet indicateur est complété par un baromètre social et économique dont la diffusion reste interne. Ce dernier permet de suivre le niveau de recours aux aides gouvernementales ainsi que leur degré de fonctionnement.

Ce nouvel outil de mesure de l’impact du Covid-19 va perdurer plusieurs semaines, afin d’approcher au mieux les conséquences sur l’activité des entreprises.

Des salariés qui répondent présent

Les premiers retours du panel des 40 entreprises interrogées confirment la forte mobilisation de ces structures de l’amont agricole, avec un niveau d’activité moyen de 95 %, dans un contexte de reprise des travaux agricoles impliquant la nécessité d’assurer la continuité de la chaîne alimentaire. Et surtout un très fort niveau d’implication des salariés avec un recours au télétravail qui reste limité (17 % des effectifs) pour des entreprises très liées au terrain ; plus de 80 % des salariés travaillent en effet sur site.

L’embauche d’intérimaires et de saisonniers permet de pallier le manque de personnel et au-delà, d’où le chiffre de 101 % indiqué. Le taux d’absentéisme est peu marqué, hormis dans le Grand Est particulièrement touché par le coronavirus, avec un retour au travail de certains salariés.

Un impact différent selon les filières

Deux activités sont toutefois quelque peu en retrait : la logistique dégradée par des retours à vide, et les Lisa qui ont pu gagner dix points d’activité par rapport à la semaine précédente, à la suite de l’autorisation de vente des semences et plants pour potager.

Cependant, ces taux moyens cachent de fortes disparités selon les filières. Si en grandes cultures, l’activité bat son plein, celle-ci marque le pas en maraîchage, pomme de terre et en vigne, secteurs confrontés à des difficultés de débouchés, et en arboriculture touchée par le gel.

Les délais de paiement posent question

Dans leur retour d’information, les entreprises font part aussi de leur inquiétude quant aux délais dans lesquels elles vont recevoir les paiements des agriculteurs. Deux facteurs créent cette situation : le ralentissement des services de La Poste qui perturbe la réception des chèques, principaux moyens de règlement, et les difficultés rencontrées par certaines filières pouvant générer des retards de paiement.

Diffusion d’un guide sur les aides aux agriculteurs

Aussi, un courrier rédigé par la FNA, La Coopération agricole et le Snia a été diffusé auprès des membres de ces fédérations pour les encourager à la dématérialisation des paiements et à inviter les agriculteurs à solliciter les prêts garantis par l’État en cas de nécessité. C’est d’ailleurs dans cette optique que la FNA vient d’éditer un guide des aides accessibles aux agriculteurs aux niveaux européen, national et régional, qui sera mis à jour régulièrement avec les nouveaux dispositifs mis en place par le gouvernement.

« Les équipes de terrain des négociants vont ainsi pouvoir mieux accompagner les agriculteurs dans l’anticipation de toute difficulté de trésorerie, en les aiguillant vers les aides auxquelles ils ont droit, souligne Sandrine Hallot, directrice pôle métiers de la FNA. Nous restons très attentifs à ces problèmes de délai de paiement. »

Hélène Laurandel