Mercredi 13 mai au matin, la Fédération du négoce agricole a diffusé son protocole moisson sur lequel elle a planché avec le soutien de ses négoces membres au travers de trois de ses commissions.

Dans le contexte d’urgence sanitaire actuel, le prochain point névralgique est la moisson 2020 qui va démarrer en juin dans certaines régions. Comme c’est le cas chez Bresson, en Côte-d’Or, où l’on s’attend à une récolte des premières orges d’ici le 15-20 juin si la météo est au beau fixe.

Des consignes pour les agriculteurs

Ce n’est pas une mince affaire qui attend les organismes stockeurs, d’autant plus que les agriculteurs n’ont pas tous acquis certains réflexes de prévention sanitaire du fait de leur isolement sur leur exploitation. « Il va falloir être vigilant et jouer au gendarme », annonce Catherine Racle, PDG du négoce bourguignon. C’est pourquoi dans les consignes qu’elle a établies avec son fils Damien, responsable céréales, et aussi Agnès Hué, sa Daf qui a participé à la relecture du document de la FNA, il est indiqué que « les agriculteurs ne pourront pas descendre de leur tracteur durant l’attente au pont-bascule ou à la fosse de réception. Sauf pour donner leur bon de livraison. »

Des consignes qui seront précisées dans le livret pour la moisson 2020 envoyé à leurs clients agriculteurs. Tout comme il va être indiqué la procédure à suivre pour l’échantillonnage d’avant moisson. « L’agriculteur videra son échantillon dans un seau dédié qui sera à un endroit fixe, et désinfecté à chaque fois par l’opérateur qui s’en saisit. Chaque opérateur aura à désinfecter tout ce qu’il touche. Il est prévu, au moment du changement d’équipe, une désinfection du poste avant et aussi par le nouvel opérateur. Mieux vaut assurer », explique Damien Racle.

Un passe document pour le bon de livraison

Les chaînes pour interdire et limiter certains accès sont commandées ainsi que des plexiglas de protection pour les locaux du pont-bascule (le négoce compte 11 sites ouverts pour la moisson), des masques visières pour compléter l’existant, avec la venue des saisonniers qui seront briefés le jour même, voire juste la veille car « la formation habituelle d’avant moisson ne pourra pas être dispensée ».

Le premier point de contact avec l’agriculteur est la transmission du bon de livraison. « L’accès aux locaux est interdit sur tous les sites sauf pour les agents de silo. Le bon de livraison est transmis via un passe document et les personnes se parlent à travers un hygiaphone. » Le port du masque est obligatoire pour tous les agents et « fortement recommandé pour les agriculteurs. Nos agents ont à disposition des masques FFP2 et des masques à visière. Ils peuvent porter les deux s’ils le souhaitent. Et ils sont invités à se laver les mains au gel le plus souvent possible. Ils doivent éviter de se croiser et garder leurs distances entre eux. »

« Le protocole moisson de la FNA nous a bien guidés »

L’affichage et le marquage pour guider les agriculteurs vers les différentes fosses vont être renforcés. « Une fois la benne vidée et la pesée à vide réalisée, ils récupèrent leur bon sur le passe document du local du pont à bascule. »

Cette organisation est réfléchie depuis déjà quelque temps. « Le protocole moisson de la FNA nous a permis de bien recenser tous les points à travailler », souligne Damien Racle.

Ce protocole travaillé par Sandrine Hallot, responsable du pôle métier de la FNA, avec l’aide d’autres collaborateurs de la Fédération et la relecture de négociants, a été conçu pour « présenter un large éventail de toutes les situations sur le terrain et être très concret. Nous avons étudié les risques à chaque étape. C’est de la responsabilité de tous : le respect des consignes est la clé. »

Hélène Laurandel