Initié par la FNSEA et une quarantaine de partenaires il y a près de deux ans pour réduire l’usage des produits phytosanitaires, le Contrat de solutions s’est structuré, depuis le 9 juillet dernier, sous la forme d’une association du même nom. Le Contrat en est aujourd’hui à sa troisième version et compte 69 fiches correspondant chacune à une solution concrète à mettre en place sur le terrain.

Des premiers résultats encourageants

Pour Éric Thirouin, président de l’association, « le plus important, c’est d’évaluer le déploiement de chaque solution ». Et pour cela, les membres du Contrat de solutions travaillent actuellement à la mise en place d’indicateurs de suivi pour chacune des solutions. Le 7 novembre, les premiers résultats obtenus ont été présentés par une partie des membres du bureau :

utilisation d’OAD pour optimiser les traitements antimildiou sur pomme de terre (fiche 14) : + 10 % de surfaces couvertes entre 2018 et 2019 ;

utilisation d’OAD pour optimiser les traitements contre le mildiou et l’oïdium sur vigne (fiche 15) : + 20 % de surfaces couvertes entre 2017 et 2018 ;

utilisation d’OAD pour optimiser les traitements contre les maladies du blé (fiche 46) : + 14 % de surfaces couvertes entre 2018 et 2019, avec 94 000 ha en 2019 ;

utilisation de variétés de pomme de terre résistantes au mildiou (fiche 5) : + 11,5 % des surfaces de plants couvertes entre 2017 et 2018 ;

utilisation de variétés tolérantes aux maladies foliaires en betteraves sucrières (fiche 8) : + 8 % des surfaces couvertes entre 2017 et 2018 ;

utilisation du soufre contre la septoriose du blé (fiche 29) : doublement des surfaces couvertes entre 2018 et 2019.

Déployer la démarche en région

L’année 2020 sera consacrée au déploiement à grande échelle des solutions, « il faut recréer la dynamique que l’on a ici à Paris en régions », déclare Éric Thirouin. Quatre régions seront pilotes pour communiquer les solutions auprès de tous les agriculteurs, « même ceux qui ne sont dans aucun des réseaux de nos partenaires », précise-t-il. Les quatre régions choisies sont le Centre, les Pays de la Loire, la Normandie et Paca. L’action vise à organiser l’animation et inciter les rencontres entre les différents acteurs afin qu’ils mettent en place une action commune.

Un forum en décembre

D’autre part, un forum « Contrat de solutions » se tiendra le 12 décembre à l’APCA à Paris. Ouvert à l’ensemble des parlementaires, aux ONG environnementales, aux associations de consommateurs, ainsi qu’à la presse, il a pour vocation de communiquer à grande échelle sur cette démarche et de présenter les premiers résultats.

« L’objectif est aussi de nous ouvrir encore plus à l’innovation, nous avons ouvert ce forum aux start-up afin de chercher des pépites et des idées nouvelles pour réduire l’usage et les risques des produits phytosanitaires », explique Éric Thirouin. L’idée est de mettre en lien ces start-up avec les partenaires du Contrat de solutions afin de leur apporter un appui au développement et déploiement de ces innovations.

Lucie Petit