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Dossier Le socle de notre agriculture

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Claudius Thiriet

Même si le nombre de semenciers impliqués dans les céréales à paille se resserre, l’agriculture française a la chance de disposer de sélectionneurs efficaces sur son territoire, notamment en blé.

L’agriculture française est avant tout productrice de céréales à paille, et en particulier de blé tendre. Première espèce cultivée dans l’Hexagone, avec selon les années, autour de 5 Mha, le blé est aussi la première culture implantée en Europe ainsi que sur la planète. C’est ce qui explique que des groupes multinationaux comme Syngenta ou BASF s’intéressent de très prè...
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Le taux d’utilisation de semences certifiées est passé de 45 % en blé tendre ces deux dernières années, à 48 % en 2019-2020. © Claudius Thiriet
Renouvellement des outils industriels
Blandine Cailliez © Blandine Cailliez

En production de semences de céréales à paille, ces derniers mois, des renouvellements d’outils industriels ont été réalisés, ou des projets annoncés. C’est notamment le cas des coopératives Unéal (groupe Advitam), Nat’Up et Noriap, associées à Semences de France, qui ont décidé de regrouper leurs activités de production de semences dans l’union Exélience, et de se doter d’une nouvelle station ultramoderne d’une capacité de 50 000 t (photo). Implantée à Bapaume, dans le Pas-de-Calais, elle a été inaugurée en mai dernier. Le négociant Soufflet et le réseau de négociants Actura ont également annoncé au printemps, leur intention d’investir ensemble dans une nouvelle unité de production de semences de 50 000 t de céréales et protéagineux, avec l’objectif d’un démarrage de la production en juillet 2022. Cette usine, qui devrait a priori être implantée dans le Centre-Ouest, complétera la station de 60 000 t que Soufflet possède déjà à Nogent-sur-Seine, siège du groupe, et qui est arrivée à saturation. La coopérative de Champagne, Vivescia, a aussi le projet de se doter d’une nouvelle station de semences plus moderne, autour de Châlons-en-Champagne, dans la Marne. « Le terrain a été préempté, précise-t-on chez Vivescia. L’objectif visé se situe à l’horizon de l’année 2020. »

En chiffres

Sélectionneurs : 21

Établissements producteurs de semences : 102

Surface de production : 9,388 Mha (blé tendre : 5,020 Mha)

Surface de production de semences : 144 100 ha (blé tendre : 82 770 ha)

Chiffre d’affaires France : 297 M€

Chiffre d’affaires export : 25,5 M€

Budget consacré à la recherche : 56 M€ (blé tendre : 40 M€)

Le challenge des hybrides
Blandine Cailliez © Blandine Cailliez

Les blés hybrides sont apparus en France au milieu des années quatre-vingt, et se sont développés progressivement, en se maintenant cependant à un niveau modeste des emblavements français. « En 2018-2019, ils représentaient entre 55 000 et 60 000 ha sur notre territoire », souligne Emmanuel Sterlin, directeur marketing et développement chez Saaten-Union. Ce qui correspond à un peu plus de 1 % des surfaces ensemencées en blé dans l’Hexagone, et près de 2,5 % des ventes de semences certifiées. « Une partie des semences que nous produisons en France est exportée chez nos voisins européens, notamment italiens, hongrois, tchèques et portugais », précise-t-il.

Les orges hybrides ont fait leur apparition en France beaucoup plus récemment, avec une première variété inscrite en 2008 par Syngenta. Depuis, elles ont connu un développement commercial plus rapide que les blés hybrides, puisque leurs ventes en France ont atteint, selon le Gnis, 74 000 quintaux en 2018-2019, soit un petit 10 % des semences certifiées d’orge d’hiver et, selon Syngenta, environ 30 % de celles des orges fourragères. Jusqu’alors seul obtenteur présent sur ce marché, Syngenta vient d’être rejoint par Saaten-Union qui a inscrit sa première orge hybride, Hedy, en 2018. Contrairement aux blés hybrides qui sont issus d’une hybridation chimique, les orges hybrides sont obtenues, comme le seigle hybride, grâce à une hybridation génétique, et plus précisément cytoplasmique. Syngenta utilise la même voie de recherche pour mettre au point des hybrides de blé et vient de déposer ses deux premiers hybrides de blé dans les essais officiels d’inscription, avec espoir de les commercialiser en 2022.

BASF, qui a repris la recherche blé de Bayer, se focalise également sur les hybrides de blé par la voie génétique, tout comme Limagrain ou, encore, le GEIE Hyballiance créé par Lemaire Deffontaines, Caussade semences et d’autres sélectionneurs européens.

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