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Dossier Le label bas carbone s’enracine

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Avec ce nouvel outil, le marché libre du carbone s’ouvre aux agriculteurs français. Coops et négoces se mobilisent.

Créé par le ministère de la Transition écologique et solidaire en collaboration avec I4CE, le label bas carbone, lancé le 23 avril 2019, « met en place un cadre innovant et transparent offrant des pers­pectives de financement à des projets locaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre ». Cet outil, ouvert à tous les secteurs d’activités diffus, tels que le transport, le bâ...
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Naca : « un sujet qui va devenir majeur »
François Gibon, directeur du Naca

Si, pour le moment, il n’y a pas d’action concrète lancée dans les entreprises, le Naca (Négoce agricole Centre-Atlantique) s’intéresse à la thématique. « C’est un sujet qui va devenir majeur », estime François Gibon, directeur du Naca. Des réunions, notamment pour présenter le label bas carbone, ont été initiées auprès des négociants du réseau. Mises en stand-by avec le Covid-19, elles se poursuivront à l’avenir. « Le label bas carbone, sur la partie élevage laitier, a fait l’objet d’une intervention lors de l’assemblée générale du syndicat du négoce agricole du Poitou, le 12 mars, relate Luc Bienaimé, à la tête des Ets Bienaimé et président du syndicat adhérent du Naca. C’est une thématique qu’il faudra suivre, nous avons un vrai rôle à jouer. Le négoce s’impliquera, la démarche me paraît réaliste et réalisable. Mais il faut que cela se fasse dans le sens de la production, avec les agriculteurs. » Pour Nicolas Pugeaux, chargé de mission eau-environnement au Naca, qui attend les éclaircissements en grandes cultures pour le bas carbone, « il faudra voir s’il s’agit d’accompagnement technique, ou si on peut porter un projet. Cela fait partie des évolutions du métier ». Le Naca est aussi impliqué depuis début 2020 dans Climafilagri Nouvelle-Aquitaine, dispositif dans lequel La Coopération agricole NA était déjà présente, conçu pour faire connaître et échanger sur les bonnes pratiques mises en œuvre, pour structurer des initiatives locales.

« La méthode grandes cultures doit être autoporteuse »
Édouard Lanckriet, manager Innovation, territoires & environnement chez Agrosolutions, groupe InVivo. © Fred Laures

« La méthodologie grandes cultures couvre la réduction des émissions de GES à l’échelle de l’exploitation et le stockage du carbone dans les parcelles, tout en prenant en compte les cobénéfices générés par les pratiques. L’idée est d’avoir d’autres indicateurs environnementaux pour être certain que le projet soit vertueux à tous les niveaux. Elle intègre aussi la valorisation en aval, telle celle de la biomasse dans des filières de bioproduits. Un agriculteur qui a un méthaniseur pourra, par exemple, bénéficier de crédits carbone liés à la production de biogaz avec ses Cive. La méthode a pour vocation d’être autoporteuse, c’est-à-dire qu’elle couvrira toutes les actions que peut mettre en place un agriculteur en système grandes cultures. Elle sera interopérable avec les autres méthodologies, comme Carbon Agri et Carbocage, pour répondre aux systèmes de polyculture-élevage. L’objectif est que tout fonctionne ensemble. La méthodologie se doit d’être robuste scientifiquement, tant sur la quantification du carbone que des cobénéfices, pour donner un gage de sérieux aux financeurs. Elle doit également être un outil au service de l’agriculteur en le renforçant dans sa position d’entrepreneur de la transition bas carbone et qu’il ne subisse pas une énième fois les exigences de la société. Enfin, elle repose sur le principe de concertation collective. On propose à l’ensemble de la communauté scientifique, des instituts techniques, des associations, des ONG, et des futurs utilisateurs de donner leur avis pour maximiser l’adhésion. »

Miser sur les intercultures en système maïs

Dans le cadre de la méthodologie grandes cultures, l’AGPM, l’un des acteurs pilotes, a pour objectif de générer 1 million de tonnes de crédits carbone d’ici 2025 par le stockage de carbone dans le sol. « C’est l’ambition que l’on a inscrite dans le plan stratégique 2025 de l’AGPM, explique Gildas Cotten, responsable nouveaux débouchés de l’AGPM. Le principal levier à mettre en place autour de la production de maïs est l’introduction, à chaque fois que c’est possible, d’intercultures. » Les couverts végétaux ont une capacité de séquestration de 1 à 2 t CO2/ha par an.

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