Franck Sander, président de la CGB, et Pierre Rayé, directeur général du syndicat, ont rencontré dans la soirée du 15 mai, à Strasbourg, les représentants du groupe Südzucker, pour présenter leur projet de reprise des deux sucreries de Cagny, dans le Calvados, et d’Eppeville, dans la Somme, que le groupe allemand veut fermer à partir de 2020. Et les deux dirigeants de la CGB sont rentrés confiants de leur rendez-vous.

« Ce plan de reprise a pour objet de permettre aux betteraviers de reprendre, sous forme de coopérative, les deux sucreries, ont-ils indiqué le 16 au matin en conférence de presse à Paris. Il a été convenu avec les représentants du groupe Südzucker d’envoyer une offre de reprise par écrit au groupe allemand qui s’est engagé à y répondre sous trois semaines. La base de travail proposée sous diverses conditions a été de 30 millions d’euros pour les deux usines. Cela viendrait en plus d’économies, liées à la restructuration, de plusieurs dizaines de millions d’euros pour le groupe. La proposition faite offrirait ainsi une issue positive pour les planteurs français et les actionnaires du groupe Südzucker. »

« Il serait irresponsable de céder des sites »

Mais quelques heures plus tôt, Saint Louis Sucre, filiale en France du groupe allemand, a diffusé un communiqué signé du VSZ, Verband Sueddeutscher Zuckerruebenanbauer, association d’agriculteurs du sud de l’Allemagne actionnaire majoritaire de Südzucker, indiquant qu’ils étaient opposés à toute cession de sucreries.

« Il serait irresponsable, pour Saint Louis Sucre, de céder des sites pour trois raisons, déclare le Docteur Gebhard, président de VSZ. Tout projet de reprise ne résout pas le problème de surproduction ; les sites de Saint Louis Sucre qui resteront à proximité sont en mesure de traiter une partie des quantités de betteraves d’Eppeville et de Cagny ; enfin, il est vital pour Saint Louis Sucre de maintenir les capacités de stockage des sites d’Eppeville et de Cagny. » Pour lui, « le marché français est le plus excédentaire en Europe. La France produit deux fois plus de sucre qu’elle n’en consomme. La concurrence y est très forte, tant pour l’approvisionnement en betteraves que pour les débouchés. »

« Sortir de la crise par le haut »

Patrick Dechaufour, président de la CGB Calvados, Sarthe et Orne, a déclaré lors de la conférence de presse : « Le syndicat reste mobilisé et va faire le tour des planteurs et des salariés pour conforter cette offre, il y a un vrai intérêt économique à terme, pour tous, de sortir de cette crise par le haut et de trouver des accords. » « C’est aux Allemands de voir maintenant dans quel type de relation ils veulent s’inscrire avec les planteurs français », a ajouté Dominique Fievez, président de la CGB Somme. Le bras de fer entre la CGB et le groupe sucrier allemand n’est pas terminé.

Blandine Cailliez