D’ici à la fin de l’année, des accords en matière de télétravail devraient voir le jour chez certaines entreprises ainsi que des réflexions chez d’autres, pour l’introduire quelque peu dans leur organisation du travail. Notre dossier paru dans Agrodistribution de septembre-octobre cite quelques exemples tout au long de ses 13 pages sur les premiers enseignements de cette période si particulière liée au Covid-19.

Trois points d’attention

Un des intervenants de ce dossier, Frantz Gault, fondateur de la société LBMG, experte en conseil et technologie pour flexibiliser le lieu du travail, rappelle quelques éléments principaux d’une politique de télétravail, partagés lors d’une formation en ligne proposée par La Coopération agricole Solutions + à la sortie du confinement.

Il attire notamment l’attention sur trois points : privilégier la charte (moins de formalités qu’un accord) pour les PME et TPE désireuses de formaliser une politique de télétravail, tout en consultant bien sûr le CSE et les partenaires sociaux, définir un rythme de télétravail ne devant pas dépasser les 3 à 4 jours par semaine, pour ne pas perdre en sociabilité et fluidité de la communication, et prêter une vigilance particulière au management.

L’effet délétère de certaines croyances

Pour ce consultant, apôtre du télétravail, « le présentiel sur un lieu de travail n’est pas une garantie d’un bon collectif, ni d’une bonne performance. Une configuration en open space, par exemple, n’est pas forcément toujours bien vécue. D’autre part, le management joue un rôle essentiel. Or, il existe certaines croyances qui peuvent avoir des effets délétères. Ainsi, on a pu observer chez certains managers non préparés à accompagner une nouvelle forme de travail, une accentuation, voire la mise en place, du management par objectif pour répondre à l’adage « la confiance n’exclut pas le contrôle ». Ce qui est en fait contre productif ».

Ces situations restent cependant minoritaires puisque des sondages après le confinement affirment que « 80 à 85 % des salariés observent une stabilité dans la relation avec le manager voire une évolution positive ».

« L’important, c’est de réaliser sa mission »

Selon Frantz Gault, il est essentiel d’accorder une liberté du lieu de travail car « on travaille pour fournir un travail et non pour être présent sur un lieu de travail, sauf si cette présence est bien sûr indispensable. L’important, c’est de réaliser la mission, l’activité pour laquelle on a un contrat de travail ».

Une approche qui dépend cependant de la perception et des besoins de chacun notamment en matière de lien social. La crise sanitaire actuelle met en exergue la notion d’individualité et les schémas émotionnels avec des réactions très diversifiées face à une telle situation de chamboulement. La nécessité de cultiver la résilience a été particulièrement soulignée, ainsi que celle d’apporter encore plus de flexibilité notamment grâce à une digitalisation bien dosée.

Hélène Laurandel