En 2019, alors qu’Unéal avait engagé des travaux pour moderniser son usine de Neuville-sur-Escaut, près de Valenciennes, dans le Nord, un incendie s’est déclaré et a stoppé net toute activité de fabrication d’aliments du bétail sur le site. « La décision a été prise de reconstruire cette unité de production au même endroit, en bordure du canal et adossé à un silo à céréales de 16 000 t, précise Armel Lesaffre, président d’Unéal. Cette usine, dotée d’une capacité de production de 70 000 t, représente un outil stratégique pour pérenniser les productions animales de la coopérative dans l’est de la région. »

Au centre, ciseaux en main, Armel Lesaffre, président d’Unéal avec à sa gauche, Cédric Cogniez, DG, entourés des personnalités politiques de la région et des membres de l’équipe productions animales de la coopérative, lors de l’inauguration, le 5 mai. © B. CAILLIEZ

Après deux ans de travaux, la nouvelle unité de production a pu redémarrer tout récemment et a été officiellement inaugurée le 5 mai. Avec ses deux unités de production d’Aire-sur-la-Lys dans le Pas-de-Calais, la coopérative dispose désormais au total, d’une capacité de production d’aliments du bétail de 300 000 t par an.

Un process simplifié et automatisé

« Ici, le process de fabrication a été simplifié et automatisé, explique François Ryckebusch, nouveau directeur des productions animales à la coopérative. Elle consomme 150 000 t de céréales, sur 1,2 million de tonnes collectées par Unéal, et s’appuie en grande partie sur les coproduits des industries agroalimentaires très présentes dans la région, et en particulier les pulpes de sucreries et coproduits des amidonneries et usines d’éthanol. » Il ne cache cependant pas les difficultés auxquelles la coopérative est confrontée depuis le début de la guerre en Ukraine pour s’approvisionner, surtout en protéines non OGM.

Lors de la reconstruction, le process de fabrication a été simplifié et automatisé. Ci-dessus, un broyeur à marteaux et ci-dessous, un élément du dispositif de mélanges. © B. CAILLIEZ
© B. CAILLIEZ

« Notre souhait est de soutenir la création de filières 100 % Hauts-de-France, souligne Adrien Blanchard, président de la commission productions animales chez Unéal. Ce projet est un signal fort de soutien envoyé à nos adhérents éleveurs qui sont impactés par l’envolée des cours des matières premières. »

Granulés, farines et mash

L’usine peut intégrer un très grand nombre de matières premières différentes puisqu’elle dispose pour leur stockage de 29 silos dédiés aux produits solides, trois cellules pour les liquides (l’huile, notamment) et quatre pour les produits pulvérulents (phosphate, carbonates et sels). « Nous produisons essentiellement des granulés, mais aussi des farines et du mash (mélanges) destinés à 40 % à l’alimentation de volailles de chair et de poules pondeuses, à 20 % à l’élevage de porcs et à 40 % aux ruminants, bovins surtout, ovins, équins et lapins », indique François Ryckebusch.

Un plan d’adaptation et une unité de trituration

Les dirigeants d’Unéal ont également profité de l’inauguration de l’usine pour préciser qu’ils travaillaient à un plan d’adaptation pour accompagner les adhérents en cette période compliquée. Ils ont également annoncé le projet de construction, sur le site de Neuville-sur-Escaut, d’une unité de trituration de colza, d’une capacité de 25 000 à 50 000 t de graines.

Blandine Cailliez