« On a frôlé la catastrophe », résumait François Pignolet, directeur général de Centre Ouest céréales, le 3 décembre, lors d’une visioconférence de presse. Retour sur le premier confinement, au printemps 2020 : la consommation de biocarburant chute, et les stocks de l’usine de trituration de colza de la coopérative, à Chalandray (Vienne), sont pleins. « On est passé près de l’arrêt de l’usine, raconte le DG. On a travaillé avec les équipes pour trouver du stockage à côté. » Finalement, le problème est résolu. Ce sera Port-la-Nouvelle, non loin de Perpignan. Une localisation satisfaisante, « car nous avons un client important à Barcelone », ajoute François Pignolet.

Un bon exercice 2019-2020, mais…

Même si le premier semestre 2020 a été chaotique, l’exercice 2019-2020 est bon, boosté par une excellente récolte 2019, avec 685 000 t. Le chiffre d’affaires consolidé termine à 295 M€ (+ 8 %), le résultat net à 2,7 M€, et les fonds propres à 49 M€. En revanche, la récolte 2020 est « très mauvaise, avec 500 000 t, quasiment du niveau de 2016 », qualifie Philippe Delafond, le président de Coc. Avec d’énormes disparités : « Certains agriculteurs sont en crise. » La coopérative a fait le choix de proposer à tous ses adhérents une facturation des semences et phytos pour les cultures d’automne début juillet 2021.

Le B100 piloté par Thierry Barrois, ex-Lecureur

Coc va sortir deux produits à base de colza, pour des usages très différents. Tout d’abord un B100, un biodiesel 100 % végétal. Nommé le COC100, il est destiné aux flottes captives, par exemple transporteurs et collectivités. L’objectif affiché est de 10 000 à 15 000 t en 2021. C’est Thierry Barrois, ancien directeur du négoce Lecureur et récemment embauché chez Coc, qui va prendre la direction de ce pôle B100.

En parallèle, une huile de colza premium en bouteille verre sera dans les linéaires des magasins de la région en 2021. Au vu de la baisse des surfaces de cette culture, l’orientation colza n’est-elle pas risquée ? Pour le président, non, évoquant plutôt « un creux », et misant notamment sur les progrès de la génétique. Des contrats bas carbone ont aussi été proposés aux adhérents.

Un projet de stockage

Côté filières, la coopérative se tourne comme beaucoup d’OS vers des filières qualité. « Nous avons multiplié par trois nos ventes à la meunerie française l’an dernier », chiffre Philippe Delafond. Pour autant, l’export reste central : « Nous sommes le troisième apporteur à la Sica La Pallice », ajoute le président, dont c’était le dernier mandat. Emmanuel Massicot, vice-président, est candidat à sa succession. Résultat le 10 décembre. À noter, un projet de stockage est en cours à Cléré-du-Bois (Indre), avec des cellules de 1 500 t.

Marion Coisne