« Prévu initialement pour début 2023, puis courant 2023, le déploiement de l’affichage environnemental officiel des produits alimentaires devrait en fait être effectif pour fin 2023 », annonce Benjamin Perdreau, de La Coopération agricole, dans une interview qu’il nous a accordée pour relater l’essentiel de la réunion du 7 juillet du comité des partenaires de l’expérimentation auquel il participe.

Un large spectre de produits

Près de 70 participants à cette réunion ont pu prendre connaissance du calendrier des travaux à finaliser, déroulé par l’Ademe et les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique. La mise en place de cet affichage va se faire dans le cadre d’une démarche volontaire encadrée pour un large spectre de produits alimentaires. C’est-à-dire que tout affichage environnemental en alimentaire devrait s’établir à l’avenir sur la base de l’outil officiel travaillé depuis plus de deux ans.

Il a été confirmé lors de cette réunion que « l’affichage restera sur les enjeux environnementaux. Tout ce qui est bien-être animal, OGM, volet social ne sera pas intégré dans l’affichage. La loi Agec (renforcée par la loi Climat et Résilience) introduisait en effet la possibilité de faire aussi un affichage social, outre celui environnemental. Déjà que travailler l’approche environnementale est complexe, cela le serait encore plus pour le volet social où on a encore moins de maturité ».

Des données semi-génériques dans un premier temps

D’autre part, pour permettre rapidement un large déploiement de l’affichage, il a été décidé que l’élaboration du score officiel se fera à partir de données publiques semi-génériques d’Agribalyse. « Mais ce niveau ne permet pas vraiment une différenciation entre produits et alors de répondre au double objectif de l’affichage : orienter les consommateurs vers des produits plus durables et inciter les acteurs de l’agroalimentaire à mettre en place des démarches d’écoconception. La solution intéressante est le niveau 2 avec des données sectorielles, semi-spécifiques. Un appel a donc été lancé aux instituts techniques pour qu’ils s’emparent du sujet. En porc, l’Ifip mène actuellement une étude à ce sujet pour disposer des données nécessaires à l’établissement de ce niveau 2. »

Si les entreprises de l’amont, coopératives et négoces, en dehors de celles ayant des produits finis, ne devraient pas alors être trop sollicitées dans un premier temps, Benjamin Perdreau estime que cette sollicitation pourrait s’affirmer dans le temps avec des clients aval de plus en plus demandeurs d’informations spécifiques qui pourraient permettre à l’amont de valoriser ses efforts engagés.

Des arrêtés et décrets à venir

Quant aux travaux qui restent à poursuivre, des indicateurs complémentaires vont être travaillés dans différents domaines dont la biodiversité (l’Office français de la biodiversité a d’ailleurs rejoint le comité de pilotage) ou encore le carbone selon les recommandations établies dans le rapport du gouvernement, communiqué au Parlement en mars dernier sur l’expérimentation qui avait été menée durant dix-huit mois. Et dont Agrodistribution a fait état dans son numéro de mai-juin 2022.

Une version 0 finalisée de l’affichage devrait être prête à l’automne, suivie d’un test en chambre sur 550 produits par un cabinet d’études.

Les ajustements ensuite apportés donneront naissance à la version 1 qui sera testée auprès des consommateurs début 2023 afin d’aboutir à une version finalisée en milieu d’année prochaine. « Puis des travaux réglementaires seront engagés pour rédiger des arrêtés et décrets qui vont informer des secteurs concernés, de la méthode utilisée et du logo retenu », précise Benjamin Perdreau.

Une moindre place laissée aux acteurs économiques

Cependant, le représentant de LCA regrette la moindre place laissée aux acteurs économiques dans cette dernière ligne droite vers l’affichage. « La Coopération agricole a pu bien participer aux différents groupes de travail lors de l’expérimentation. Mais nous regrettons que les acteurs économiques, les premiers concernés pour la mise en place de l’affichage, ne puissent pas être présents sur la dernière étape. » Comme (maigre) consolation, ils peuvent quand même donner leur avis d’ici à la mi-septembre, ainsi que tous les membres du comité des partenaires, sur les logos qui ont été proposés lors de la réunion du 7 juillet et lors des phases ouvertes de consultation.

Hélène Laurandel
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