« Le nouveau paradigme que nous avons à construire est celui qui permettra à chaque nation de conquérir ou préserver sa souveraineté, dans l’urgence collective planétaire à faire face à la transition climatique et à la décarbonation de nos activités. Nos coopératives sont en première ligne pour contribuer à la réussite de cet impératif de produire plus, de produire mieux et de produire durable », souligne Patrice Dumas, président de La Coopération agricole Auvergne-Rhône-Alpes, lors de l’AG du 8 avril.

Renforcer leur compétitivité pour une meilleure rémunération des associés coopérateurs, leur capacité à investir dans les transitions et l’attractivité de la profession agricole et du modèle coopératif, c’est le sens de la Vision 2030 en étant « les bâtisseurs solidaires d’une alimentation durable et de territoires vivants ».

Filières territorialisées

Les grands chantiers 2021 ont porté sur l’accompagnement des coopératives dans le cadre du plan de relance, particulièrement sur les mesures plan abattoir, plan protéines et structuration de filière.

« Les travaux collectifs sur les sujets transversaux ont concerné l’accompagnement et le financement des projets de transition agroécologique, la valorisation des produits coopératifs régionaux dans les projets alimentaires territoriaux et la relocalisation de la production de protéines végétales pour l’alimentation animale », explique Jean de Balathier, directeur de LCA ARA qui regroupe 265 coopératives agricoles et agroalimentaires et 40 000 exploitations pour un chiffre d’affaires annuel de 8 milliards d’euros.

Renouvellement des générations

Une projection sur l’avenir implique le renouvellement des générations rendu difficile sur des exploitations aux capitaux de plus en plus lourds. L’hybridation des modèles de financement et d’organisation de la production agricole était le thème retenu pour cette assemblée générale. Pour Gabrielle Halpern, docteure en philosophie, il conviendrait « de ne plus raisonner sectoriellement agriculture, santé ou distribution mais dans une logique de territoire face aux enjeux de transition numérique, écologique et démographique ».

Pour les intervenants de la table ronde, « les porteurs de projets agricoles, qui sont de moins en moins issus de milieu agricole, recherchent l’usage avant la propriété des outils de production (foncier, bâtiments, matériels). La diversité des ressources de financement (fonds, prêts participatifs, fonds de garantie) et les nombreux leviers d’innovations à déployer dans un contexte de transition agroécologique sont autant d’opportunités pour l’avenir. »

Monique Roque Marmeys