Jeudi 3 septembre, le gouvernement a présenté le plan de relance, Relance France, doté de 100 milliards d’euros pour l’écologie, la compétitivité des entreprises et la cohésion. La part attribuée spécifiquement à l’agriculture s’élève à 1 milliard (voir infographie).

« Nous avions besoin d’un plan de sortie de crise ; celui-ci y répond en grande partie », résume La Coopération agricole, en énumérant certaines orientations prises et que l’organisation avait proposé elle-même dans ses 30 mesures d’avenir pour restaurer la souveraineté alimentaire et accélérer la transition agroécologique. Comme la baisse des impôts de production, la relocalisation des approvisionnements stratégiques, le soutien à l’export ou encore la mobilisation du plan d’investissements d’avenir (PIA) dans la R & D sur la transition écologique et la biodiversité.

Instaurer un fonds pour la transition agroécologique après 2022

Ceci dit, LCA appelle à préparer l’après en intégrant aux dispositions législatives du plan de relance « l’instauration d’un fonds pour la transition agroécologique destiné à pérenniser des investissements stratégiques sur l’appareil productif de l’agroalimentaire, sur des programmes structurels de R & D sur les pratiques agronomiques et la résilience des milieux, sur le financement des transitions agroécologiques ». Car, selon Dominique Chargé, président de LCA, « l’horizon des transitions de notre modèle agricole et agroalimentaire de la fourche à la fourchette va bien au-delà de 2022 ».

De même, La Coopération agricole souhaite que les actions consacrées à la recherche soient précisément fléchées sur des programmes de robotisation et d’innovation génétique, et sur l’adaptation des filières et solutions aux changements climatiques.

« Ce n’est pas le plan de relance qui donne de la visibilité »

À la FNA, le président Antoine Pissier accueille favorablement le plan de relance, mais « à partir du moment où le chef d’entreprise a de la visibilité ». Sans rentrer dans le détail des mesures, qu’il juge « sans doute très intéressantes », il demande surtout « de la visibilité et de la stabilité réglementaire. Avec toutes ses surréglementations, c’est normal qu’on ne soit plus compétitifs, qu’on ne soit plus bon à l’export… Le ministre de l’Agriculture lui-même a reconnu dans une interview publiée cette semaine dans La France agricole que la France avait manqué de vision claire depuis très longtemps ».

Sur le plan fiscal, il ne peut que saluer la réduction annoncée des impôts de production : « Une entreprise de négoce est taxée à quatre niveaux : sur son chiffre d’affaires avec la C3S, sur la valeur ajoutée, sur les moyens de production et sur le résultat. » Et d’insister pour que les aides accordées le soient réellement à 100 %. « De manière générale, constate-t-il, sur 100 € de subventions, une entreprise reverse 30 € sous forme d’impôt sur les sociétés. »

Renaud Fourreaux