Nous l’avions sollicitée à plusieurs reprises, mais Limagrain ne souhaitait pas jusqu’à ce jour s’exprimer sur la manière dont elle a géré la séparation du conseil et de la vente, étant donné qu’elle est la seule coopérative française, avec Euralis, à avoir choisi le conseil. C’est chose faite depuis sa conférence de presse annuelle, ce jeudi 13 janvier, lors de laquelle s’est présenté le nouveau binôme à la tête du groupe, le DG Sébastien Chauffaut et le président Sébastien Vidal.

Limagrain n’a plus que 10 % du capital de Proxiel

Interrogée par nos soins, Limagrain a bien confirmé avoir transféré depuis le 1er juillet 2021 son activité phytos et engrais, soit trois dépôts, une dizaine de personnes, et environ 15 M€ de CA, à Proxiel agriculture.

Ce négoce, basé également dans le Puy-de-Dôme, membre d’Impaact, était détenu initialement (depuis sa création en 2014 issue d’un rapprochement de négociants locaux actifs en élevage) à 35 % par Limagrain et à 65 % par Sanders, qui en est le gérant opérationnel. Encore plus depuis que, pour se conformer à la loi, Limagrain a dû descendre à 10 % du capital. La distribution de semences n’est pas concernée par l’opération.

« Pas totalement sûr qu’on ait fait le bon choix »

« Cette décision a été prise dans un état d’esprit par rapport à notre fonctionnement en filières, justifie Sébastien Vidal. Il nous semblait important que nous puissions accompagner les agriculteurs sur le volet technique dans les fermes plutôt que sur la vente des produits phytosanitaires. Je ne suis pas totalement sûr qu’on ait fait le bon choix, car nous ne sommes que deux coopératives à l’avoir fait. Cela m’amène à m’interroger, même si ce choix est confirmé. »

Sollicité pour préciser ses propos, car la décision a été prise sous l’ancienne mandature, Sébastien Vidal a précisé : « Je suis dubitatif par rapport à l’effet que pourra avoir la loi sur l’utilisation des produits phytos, mais nous avons reconfirmé en conseil d’administration la semaine dernière le choix qui a été fait il y a un an. »

Concernant le conseil spécifique de l’utilisation des phytos, « aujourd’hui on le propose », assure Sébastien Vidal. Mais au-delà, Limagrain est en train de « proposer un catalogue de conseils assez large où on aura des conseillers dédiés à des sujets précis (machinisme, ACS, carbone…) ». Concernant le conseil stratégique sur les exploitations, Limagrain dit travailler en concertation avec la chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme.

Limagrain pas insensible à la demande de Val’limagne.coop

Sébastien Vidal a été amené également à réagir sur la demande d’extension territoriale déposée auprès du HCCA par Val’limagne.coop, dans le but d’élargir son territoire sur le Puy-de-Dôme, en réponse à un besoin du terrain, nous avait-on précisé en fin d’année dernière à la coopérative de l’Allier. « Si cette extension porte sur la vente de phytos et d’engrais, je n’ai pas à la commenter, mais si on est attaqué sur nos métiers d’origine, la production de semences, ce dont je doute, et surtout la collecte de produits agricoles, Limagrain ne restera pas insensible et saura se défendre. »

Renaud Fourreaux
Contenu réservé aux abonnés Agrodistribution
pour vous connecter et poursuivre la lecture
16%

Vous avez parcouru 16% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à Agrodistribution
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Profitez de notre progressive web app
  • > Recevez les 4 newsletters
  • > Recevez 1 numéros chez vous
J'en profite !