« Nous vivons une période grave. Nous avons voulu nous projeter vers le futur en envisageant un avenir positif, a souligné d’entrée de jeu Jean-Jacques Vaesken, président de Négoce Nord-Est, en introduisant le congrès de la fédération régionale des négociants et de Fédération du commerce agricole et agroalimentaire (FC2A), qui a bien pu se dérouler, le 29 avril dernier à Dunkerque, dans le Nord, après deux années sans pouvoir l’organiser. Malgré la guerre en Ukraine, la réforme de la Pac, la crise du Covid, nos entreprises sont toujours dynamiques, proactives, agiles pour préparer le futur. »

Le territoire, les flux et la qualité

Pour les opérateurs de la mise sur le marché, « investir pour le futur », c’est optimiser les potentialités de leur territoire, c’est participer à la souveraineté alimentaire par l’organisation ou la réorganisation des flux et c’est renforcer leurs positions à l’international dans une logique d’offre de qualité. Pour les aider à envisager « le renouvellement nécessaire du commerce agricole et agroalimentaire de demain, par l’investissement », Négoce Nord-Est et la FC2A se sont entourés d’experts.

Après avoir décortiqué les mécanismes qui ont conduit au principe de précaution, les fake news, l’agribashing, la théorie du complot…, le philosophe Gérald Bronner a encouragé le monde agricole à se battre : « Il ne faut pas laisser les minorités occuper la scène médiatique, en matière de communication. Certains agriculteurs prennent les outils en main et le font très bien. Il faut gagner la bataille de la vitesse ! »

Se renouveler et investir

Les négociants ont ensuite nourri leurs réflexions de l’expérience réussie d’autres filières : celle du lin textile – qui voit naître ou renaître sur le territoire français trois filatures –, celle du machinisme pour la pomme de terre chez Downs, avec le levier de l’innovation, celle de l’œuf, où en l’espace de quelques années les deux tiers des élevages sont déjà passés hors cage, ou encore celle des légumes frais, pour laquelle la période post-Covid est plus compliquée à gérer.

« Le port de Dunkerque a tourné la page du pétrole, [...] du charbon… mais il se renouvelle, notamment dans l’agroalimentaire en accueillant sur 150 ha une toute nouvelle usine de transformation des pommes de terre », a ajouté Daniel Deschodt, le directeur commercial du site. De même, la Sica Nord Céréales, implantée au cœur du port, a rappelé qu’elle avait dégagé des enveloppes de 14 M€ pour la rénovation de ses anciens silos et de 20 M€ pour en construire un nouveau de 49 000 t.

Un élan de modernité

« Après un incident, une période de crise, on observe toujours un rebond derrière. Les professionnels qui sont intervenus trouvent le ressort pour rebondir et leurs entreprises bénéficient par l’investissement d’un élan de modernité, a conclu Gérard Poyer, président de la FC2A. Les entreprises du commerce sont malheureusement passées à côté du plan de relance du gouvernement, dont les sommes investies interpellent. [Leur] avenir passe par l’investissement. Ayons confiance dans l’humain pour apporter cet élan de modernité dont elles ont besoin. »

Blandine Cailliez