C’est d’une fort belle installation dont s’est pourvue la coopérative Sevépi sur son site de Bréval, dans les Yvelines, avec un silo de 25 000 t inauguré devant 300 personnes (agriculteurs adhérents, partenaires, clients, élus politiques, confrères), le 9 juin. Ce nouvel outil a pris naissance sur l’emplacement de deux anciens silos et d’un dépôt d’appro démolis pour sa construction.

Le nouveau silo de Bréval de Sevépi peut travailler 20 000 t de grain conventionnel et 5 000 t de bio.

16 cellules conventionnelles et 12 bio

Ce silo a pour particularité de pouvoir travailler du grain conventionnel, pour 20 000 t, et du grain bio, pour 5 000 t. Une tour de travail commune de 49 m de haut sépare les seize cellules métalliques conventionnelles des douze cellules métalliques bio. Pour la réception et l’expédition du grain, deux fosses et sept boisseaux sont dédiés au circuit conventionnel et une fosse et trois boisseaux au bio. Un poste de mélange expédition complète ce dispositif pour la partie conventionnelle.

Trois nettoyeurs-séparateurs, un par fosse, équipent le silo, ainsi qu’un calibreur, une table densimétrique (ou encore concentrateur) et un trieur optique. Deux groupes de froid permettent d’assurer la ventilation et la conservation du grain afin d’éviter le recours aux insecticides de stockage. Toute une installation qui fait dire à Aurélien Caurier, directeur général de Sevépi : « Nous sommes avec ce silo très à la pointe sur le travail du grain. »

Une subvention du Paris Saint-Germain

La mise en route est prévue dès le début de la moisson 2022, entre fin juin et début juillet. Ce projet aura mis deux ans à être finalisé entre les deux mois d’arrêt lors du premier confinement en 2020 et les retards de livraison de matériaux. La partie conventionnelle devait en fait être opérationnelle un an plus tôt. « Nous avons finalement décidé de tout mettre en service en même temps », relate Aurélien Caurier.

L’investissement se monte à 17 M€, dont 370 000 € couverts par une subvention de l’Agence de l’eau Seine-Normandie et aussi du club Paris Saint-Germain dans le cadre d’un fonds de compensation pour son futur centre d’entraînement à Poissy.

Réduire le trafic à la moisson et réaliser des prestations

L’objectif n’est pas d’augmenter la collecte du secteur de Bréval, qui s’affiche à 32 000 t environ, mais de pouvoir rendre ce site autonome en termes de capacité de stockage. Il lui manquait en effet 10 000 t qui devaient être auparavant évacuées à la moisson, générant un fort trafic sur juillet et août.

Cette autonomie permet à Sevépi de bénéficier d’un outil équipé des dernières technologies pour répondre encore mieux aux différents cahiers des charges avec l’aval, dont le label rouge en conventionnel. Et de réaliser des prestations pour d’autres organismes stockeurs, notamment en bio pour ses coopératives partenaires de l’UCBC. « Auparavant, le grain bio était travaillé chez des agriculteurs bio qui étaient équipés », précise Aurélien Caurier qui souhaite d’ailleurs accélérer la dynamique filières, même si les marchés sont bousculés aujourd’hui, en intégrant la démarche Agri Confiance qui va permettre d’accéder au niveau 2 de la certification environnementale des exploitations agricoles.

Hélène Laurandel