« Le Pacte Vert de l’Union européenne, qui vise une réduction de 55 % des gaz à effet de serre d’ici à 2030, prévoit une réduction de 13 % pour les véhicules d’ici là, or en même temps le plafond pour les biocarburants de première génération de 7 % est maintenu », explique Valérie Corre, directrice des affaires réglementaires alcool-éthanol chez Tereos, lors d’une journée organisée par l’Afja, l’Association française des journalistes agricoles, le 21 octobre, sur le site du groupe coopératif de la sucrerie distillerie d’Origny-Sainte-Benoite, dans l’Aisne.

Les biocarburants toujours discrédités

« Aujourd’hui, les voitures électriques ne représentent que 0,6 % du parc européen de véhicules et à l’horizon 2030, le parc sera encore composé à 80 % de voitures thermiques, poursuit la responsable de Tereos qui est aussi présidente depuis mai dernier du syndicat des producteurs européens d’éthanol Epure. Comme les biocarburants constituent la seule alternative aux énergies fossiles pour les voitures thermiques, on ne pourra jamais atteindre cette barre des 13 %. »

Ce n’est pas la seule incohérence qu’elle a relevée. Elle égraine également le fait que les émissions de gaz à effet de serre pour l’électrique ne prennent en compte que les gaz d’échappement, alors que pour le bioéthanol, c’est de la culture de la betterave à la roue de la voiture. Le fait qu’on leur reproche d’occuper des terres destinées à l’alimentation, alors que de nombreuses études ont prouvé le contraire, qu’ils ne représentent en Europe que 1,2 % de la SAU en comptant les coproduits, soit 2,12 Mha lorsque la jachère est à 7 Mha… Les biocarburants sont toujours discrédités alors que la demande des consommateurs n’a jamais été aussi élevée.

Mobilisation de Tereos et des autres producteurs européens

Tereos et les autres producteurs européens vont se mobiliser pour que la filière des biocarburants puisse se pérenniser. « La mise en place des différentes réglementations qui se profilent peut être dramatique pour l’avenir des biocarburants et, par conséquent, des agriculteurs », ajoute Valérie Corre. Dans l’immédiat, elle demande que le plafond des 7 % d’incorporation ne soit plus appliqué par pays comme pour le moment, mais mutualisé à l’échelle de l’Union européenne. La France a presque atteint ce taux, puisqu’elle est à 6,8 %, mais il existe de la marge à l’échelle de l’Europe qui est à 4 %.

Blandine Cailliez
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