Au congrès de l’AGPB, mardi 1er juin, Thierry Blandinières était invité à s’exprimer lors de la séquence portant sur l’innovation et les territoires, mais sa prise de parole s’est avant tout distinguée au sujet de la valorisation du blé.

« Rencontrons Cargill, ADM et tous les ABCD »

Faisant le constat que la moitié du blé français était exporté et qu’il y a donc un enjeu de valorisation de l’agriculture française à l’international, le DG d’InVivo a émis l’idée, qui pourrait se concrétiser à l’horizon 2030, « de se mettre d’accord avec nos amis américains pour valoriser une qualité de blé niveau RSE avec un premium payé sur la Bourse de Chicago. »

« Rencontrons Cargill, ADM et tous les ABCD pour avoir un effet levier de création de valeur conséquente qui va sécuriser le revenu de l’agriculteur, a-t-il ajouté. Plus on déplacera les grandes masses vers une agriculture plus responsable, sociétalement correcte et répondant aux grands enjeux climatiques, mieux ce sera pour tout le monde. »

Selon lui, on ne fera vraiment bouger les lignes que par cette démarche de différenciation au niveau des commodités, qui pèsent 80 % de la production. « On peut très bien aborder la transition par les filières, il faut le faire, mais on ne va toucher que 20 % de la production. »

Vers un nouveau modèle omnicanal

Sur un tout autre sujet, et en réponse à une question posée par un participant pour savoir si le conseil aux agriculteurs allait rester spécifique ou devenir pluridisciplinaire, Thierry Blandinières a insisté sur la nécessité de « réinventer complètement le modèle économique collecte-appro alors que les négoces comme les coopératives sont sous pression. C’est possible d’apporter des solutions dès l’instant où l’on joue la carte digitale, où l’on va vers un nouveau modèle de type omnicanal, comme cela se passe en grande distribution. »

« L’agriculteur doit pouvoir se connecter sur une place de marché, commander ce qu’il veut, et être livré par sa coopérative ou son négoce, l’idée étant de rendre plus fluide les achats d’intrants mais aussi la vente des céréales. Les techniciens, qu’on peut appeler demain techniciens augmentés, seront beaucoup plus digitalisés et le conseil sera pluriel, à plus forte valeur ajoutée, pour accompagner l’agriculteur dans cette transition agroécologique. »

Renaud Fourreaux