« C’est inédit », ont affirmé les trois intervenants de la visioconférence de presse de ce mercredi 26 mai au sujet du manifeste qui vient d’être élaboré entre La Coopération agricole, l’Assemblée des départements de France et Régions de France.

En effet, c’est inédit à double titre : c’est la première fois que Dominique Chargé, président de LCA, Pascal Coste, président de la commission Nouvelle ruralité de l’Assemblée des départements de France et Jean-Pierre Raynaud, président de la commission Agriculture de Régions de France, prennent ensemble la parole pour présenter un travail élaboré en commun depuis presque un an autour de l’enjeu de la souveraineté alimentaire.

Une base de travail pour les nouveaux élus

« Si nous sommes là aujourd’hui, c’est parce que, à la suite de la plateforme de propositions de La Coopération agricole de juin 2020, nous avons été sollicités les uns et les autres pour réagir et mieux comprendre les mesures proposées », relate Pascal Coste.

La réflexion collective qui s’est ensuivie aboutit aujourd’hui à un manifeste de douze propositions réparties en trois grands axes prioritaires. Ce document est une base de travail pour les nouveaux élus locaux à l’issue des élections de juin, afin qu’ils puissent s’en saisir pour travailler à des politiques publiques territoriales sur le sujet, aussi bien au niveau départemental que régional.

Des contrats régionaux avec les collectivités

Les trois axes ont été définis selon la logique suivante : mieux organiser la production de l’alimentation selon les attentes des territoires et des consommateurs (axe 1) ; aller de concert avec l’accélération de la transition écologique de la production agricole et alimentaire (axe 2) et la restauration de la compétitivité ; permettre à chacun, où qu’il habite, de consommer une alimentation de qualité produite localement (axe 3).

Pour accomplir ces objectifs, il est notamment suggéré d’établir des contrats régionaux de filières agroalimentaires avec les acteurs de l’amont, de l’aval et les collectivités territoriales. Et, au passage, d’encourager les exploitations engagées dans des démarches collectives, à l’image des coopératives, par un bonus financier des régions via les fonds européens Feader et Leader Europe.

Promouvoir les métiers du secteur

Des partenariats seront également suscités entre les collectivités territoriales et les coopératives pour faciliter l’emploi autour des métiers de l’agroalimentaire, tels que des plans de formation intersectoriels sur les métiers de la logistique ou de la maintenance, la participation des régions dans le CPF pour l’acquisition de compétences dans la transition écologique du secteur agricole, ou encore des campagnes de communication et de promotion des métiers.

Afin de réaliser cette transition agroécologique, une des mesures invite à créer un fonds public pour son financement à partir des crédits du PIA-4 du secteur agroalimentaire et de recettes fiscales (taxes affectées, fiscalité écologique…). Le guichet en serait confié aux Régions pour flécher des subventions directes vers les exploitations, coopératives et autres entreprises agroalimentaires engageant des actions répondant aux objectifs de la transition.

Intégrer les coopératives dans les PAT

D’autres propositions invitent à intégrer les coopératives dans la gouvernance des PAT (projets alimentaires territoriaux) et à mutualiser leurs efforts avec ceux des collectivités territoriales pour sécuriser la ressource en eau dans le cadre des projets de territoire pour la gestion de l’eau (PTGE).

« Les ambitions partagées ne doivent pas rester des vœux pieux, conclut Dominique Chargé, lors de cette visioconférence. Pour cela, elles doivent s’inscrire dans le temps long pour s’adapter aux rythmes nécessaires des territoires et dans une cohérence de moyens, en réglant les incohérences réglementaires qui nous handicapent et en ayant des politiques publiques puissantes dans la durée, des moyens financiers suffisants et aussi des personnes politiques engagées. »

Hélène Laurandel