Produire un biocarburant 100 % normand pour l’aviation qui ne concurrence pas les surfaces agricoles alimentaires, c’est l’ambition du groupe Avril qui, via sa filiale de trituration Saipol (Le Havre), a lancé un programme de recherche pour mettre au point un biokérosène à base d’huile de caméline. Il s’est pour cela associé à la coopérative de Creully et au groupe coopératif Agrial ainsi qu’à la chambre d’agriculture de Normandie.

La caméline en interculture

Trois années d’essais d’implantation de caméline sont programmées. © C. WATIER

Les premiers essais d’implantation de cette crucifère démarreront au sud de la plaine de Caen dans quelques jours, à l’issue des récoltes de céréales à paille. En effet, la culture de caméline devra être conduite comme un couvert d’interculture en accord avec la réglementation sur les couverts végétaux. Trois années d’essais sont ainsi programmées jusqu’en 2022. L’avenir du programme dépendra en grande partie de la capacité de la filière à mener cette interculture jusqu’à son stade de maturité et de récolte.

Objectif zéro phyto

Si le succès est au rendez-vous, des milliers d’hectares de caméline pourraient peut-être un jour fleurir au sud de Caen au cours des prochaines années. Ce programme va par ailleurs dans le sens du plan de relance « vert » post-Covid de l’aviation prévu par le gouvernement. La caméline serait résistante au sec, et son cycle n’est pas perturbé par les ravageurs. L’objectif des partenaires est de maintenir un IFT nul pour la culture (zéro phyto).

Alexis Dufumier