« Enfin, les marchés se sont retournés », s’est réjoui Franck Sander, président de la CGB, la confédération générale des planteurs de betteraves, devant la presse le 1er décembre, en amont de son assemblée générale qui va se tenir à Paris, le 9 décembre. Et d’ajouter : « Déjà un des groupes sucriers (Cristal Union, NDLR) a annoncé un minimum pour le prix de la betterave en 2021, proche de 29 €/t à 16. Il nous faut maintenant aller chercher la hausse des prix de la betterave dans la durée. »

Profiter de la remontée des cours du sucre

Le syndicat voit des lueurs d’espoirs après plusieurs années de prix très bas. En 2020, les prix étaient descendus à 22,90 €/t en moyenne en France, contre 31,30 €/t en moyenne sur cinq ans, entre 2012 et 2016. 2020 a d’ailleurs constitué la pire année pour la betterave sucrière en France, avec les attaques sans précédents de jaunisse.

Pour 2022, compte tenu de la hausse du prix des engrais qui, en l’état actuel des cours, correspond à une augmentation du prix de revient des betteraves de 1,50 €/t rien que pour l’azote, le président de la CGB demande « des indications fortes de prix rémunérateurs » de la part des industriels pour que les agriculteurs continuent à produire des betteraves. Le fait que le sucre soit désormais intégré dans la loi EGalim 2 donne aux fabricants de sucre la possibilité de répercuter la hausse des coûts de production aux acheteurs, sans avoir à renégocier.

14 % détruits par le gel

2021 démarrait à nouveau sous de mauvais auspices, puisque le gel a obligé le resemis de 55 000 ha au printemps, soit 14 % de la surface betteravière. Quelques mois plus tard, ce sont 7 000 ha chez 370 agriculteurs qui ont dû être détruits, car désherbés avec un herbicide non conforme. Les négociations amiables avec Adama pour l’indemnisation de planteurs semblent satisfaire la CGB.

« Finalement, alors que la quasi-totalité des betteraves sont désormais récoltées, la France s’achemine vers un rendement en conformité avec la moyenne des cinq ans, autour de 87 t/ha, sur une sole en baisse de 4,7 % à 403 000 ha, soit une production de 35 millions tonnes de betteraves, précise Pierre Rayé, directeur de la CGB. Cette production va être transformée en 3,9 Mt de sucre et 9 Mhl d’alcool et éthanol. »

Des espoirs contre la jaunisse

Franck Sander s’est aussi montré optimiste quant aux recherches conduites contre la jaunisse, et en particulier sur le volet génétique des travaux engagés. « Il va aussi falloir apporter des réponses génétiques contre le charançon qui constitue une nouvelle menace pour la betterave, indique-t-il. La cercosporiose a également provoqué des dégâts très importants cette année. »

Blandine Cailliez
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