« L’année a été particulière du fait d’une moisson qui s’est allongée et qui vient à peine de se terminer dans certaines régions », a commencé Éric Thirouin, président de l’AGPB, lors du traditionnel point moisson de l’interprofession se tenant à Paris le 7 septembre.

La production de blé tendre est ainsi estimée à l’heure actuelle à 35,6 Mt, en hausse de 23 % par rapport à 2020 (29 Mt), notamment du fait de la hausse des surfaces, avec un rendement moyen de 7,2 t/ha. « Il y a eu 200 à 300 mm d’eau cet été à un moment où il n’y en a pas plus de 50 habituellement, commente Philippe Heusèle, secrétaire général de l’AGPB. La récolte est très hétérogène, ça va du très bon au catastrophique selon les régions. » Concernant la qualité, « l’impact des pluies a été très hétérogène, tout un tas de facteurs sont entrés en compte », ajoute-t-il.

2 Smic de revenu annuel

Cette hausse de production combinée à la hausse des cours observée ces dernières semaines devrait profiter aux producteurs français. « Après huit années de disette, avec un revenu annuel moyen de 6 000 € par exploitation, soit 1 Smic, nous devrons, je l’espère, atteindre 2 Smic », annonce Éric Thirouin. Toutefois, tous ne devraient pas profiter de cette embellie, des régions ayant été fortement impactées par les aléas climatiques. Dans la Marne, 5 500 ha ont notamment été inondés, dont 1 900 n’ayant pas été récoltables, ce qui a induit une perte de près de 3,5 M€.

L’AGPB pointe cependant une hausse des charges qui pèsera sur la marge des exploitations agricoles en 2022 à venir avec + 25 % sur les engrais et + 35 % sur les carburants.

Refuser la réduction par dogmatisme

Une note positive a toutefois été soulevée par Éric Thirouin. « Le ministère de l’Environnement a enfin reconnu la méthodologie grandes cultures pour le label bas carbone. L’agriculture est avant tout une victime du réchauffement climatique, mais c’est aussi une solution avec la photosynthèse, souligne-t-il. C’est aussi pour cela qu’il ne faut pas abandonner notre capacité de production : un désert ne fait pas de photosynthèse. »

En effet, une récente étude d’impact concernant la stratégie Farm to Fork menée par la Commission européenne a mis en avant une baisse de la production agricole française de 13 % d’ici à 2030, répondant aux orientations publiques de décroissance. « C’est totalement inacceptable. Le gouvernement et le ministre de l’Agriculture doivent se battre contre ça et dire non à cette réduction par principe, par dogmatisme. »

Lucie Petit
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