À l’heure où le prix des carburants flambe, la Collective du bioéthanol tenait ce 25 janvier sa conférence de presse annuelle pour faire un bilan de l’année 2021 et évoquer les perspectives d’évolutions pour 2022. En 2021, la consommation d’essence en France a augmenté de 21 % par rapport à 2020 et atteint 11,8 Mhl, du fait notamment d’une hausse de 33 % des volumes de Superéthanol-E85 consommés.

0,6 % de la surface agricole nette française

En pleine crise du prix des carburants, le Superéthanol-E85, composé de 60 à 85 % de bioéthanol issu de la fermentation des sucres des betteraves, maïs blé fourrager, s’impose comme « le carburant du pouvoir d’achat », selon la Collective du bioéthanol. Deux fois moins cher que le SP95-E10, ce biocarburant permet en effet au consommateur de réaliser plus de 500 € d’économie pour 13 000 km.

En matière de production d’éthanol de 1re génération, « la France est le pays européen avec le plus fort potentiel agricole, note Nicolas Rialland, directeur affaires publiques et environnement de la CGB. Et on peut produire plus demain en réaffectant des surfaces et sans augmenter les surfaces cultivées. » Il est à noter qu’à l’heure actuelle, 0,6 % de la surface agricole nette française est dédiée aux cultures dédiées à la production de bioéthanol.

Un taux d’incorporation européen qui pose problème

Ces belles perspectives se révèlent toutefois entachées depuis plusieurs années par la réglementation européenne : les biocarburants de 1re génération sont ainsi plafonnés à 7 % de l’énergie des transports par État membre de l’Union européenne.

En 2019, le taux moyen d’incorporation des biocarburants 1G pour l’ensemble UE à 27 et Grande-Bretagne a seulement été de 3,6 %. Et en 2020, il a été d’environ 4,5 % au sein de l’UE. « Notre demande est simple, il ne s’agit pas de toucher ce plafond de 7 % mais de le mutualiser au niveau européen », affirme Nicolas Rialland. La filière française du bioéthanol demande également à ce que le palme et le soja, responsables de déforestation, et dont les huiles peuvent également être utilisées par la production de bioéthanol, soient exclus de cette augmentation comme ils le sont déjà du dispositif fiscal incitatif français. « Il est hors de question pour nous qu’ils puissent entrer en Europe », plaide-t-il.

9,5 % en France en 2023

Pour sa part, la France s’est fixé l’objectif d’atteindre 9,2 % d’incorporation de biocarburants dans l’essence en 2022 et 9,5 % en 2023, contre 8,6 % en 2021 et 8,2 % en 2020.

Les biocarburants 1G devant plafonner à 7 %, cette augmentation sera notamment portée par l’augmentation de l’éthanol de marcs et de lies et lignocellulosique, ainsi que par l’éthanol de résidu dont le taux d’incorporation, aujourd’hui de 0,8 %, devrait atteindre 1 % en 2022.

Lucie Petit