Pour ne pas briser l’élan qui était né au sein de ses trente-et-un groupes 30 000 en grandes cultures et vigne, le groupe coopératif Océalia a décidé de poursuivre cette dynamique en créant des groupes de progrès, lancés début mars en vigne et entre le 21 et le 25 mars en grandes cultures et élevage. La loi EGalim sur la séparation conseil et vente en phytos a en effet sonné le glas du réseau 30 000 pour les coopératives et négoces ayant choisi la vente, comme l’ont fait Océalia et la plupart de ces entreprises.

Une nouvelle feuille de route de transition

« Nous ne voulions pas lâcher ainsi ce réseau d’exploitations, d’autant que, outre l’objectif initial de réduire les produits phyto, d’autres thèmes ont été développés tels les couverts végétaux, la conservation du sol, le carbone et qui seront repris dans ces nouveaux groupes », explique Thomas Perrier, coordinateur filières et transition agroécologique chez Océalia.

Thomas Perrier, coordinateur filières et transition agroécologique chez Océalia.

Dans le même temps, la coopérative s’est dotée d’une nouvelle feuille de route de transition agricole et alimentaire, « Le sillon responsable », qui met notamment l’accent sur l’accompagnement individuel et collectif et qui a poussé au lancement de ces groupes de progrès.

L’intervention de Frédéric Thomas

Pour présenter leur nouvelle initiative et inviter les adhérents à rejoindre ces groupes, la coopérative a organisé trois demi-journées en vignes qui ont réuni 140 viticulteurs et cinq journées terrain pour les grandes cultures et l’élevage rassemblant 300 personnes, dont 200 agriculteurs. « Dans les semaines à venir, les adhérents s’engageront dans les groupes, s’ils le souhaitent bien sûr. Selon un sondage, 95 % ont émis un avis positif », remarque Thomas Perrier.

Pour la partie grandes cultures, Océalia a fait appel à Frédéric Thomas, spécialiste de l’agriculture de conservation, sur la fertilité du sol et une analyse au champ de profils du sol (photo). « Les experts de notre service Innov’agro ont également présenté l’enjeu de l’expérimentation pour la coopérative. Nous souhaitons que nos adhérents puissent avoir accès à des intervenants de qualité et à toute notre expertise. »

Projet d’indicateurs des progrès réalisés

La prochaine étape sera le démarrage, dès juin prochain, du programme de formation prévu dans le cadre de ces groupes avec un catalogue d’une vingtaine de formations autour de cinq thématiques, fertilité des sols, couverts végétaux, biodiversité, optimisation des itinéraires techniques et un module spécifique élevage.

Océalia envisage également une animation digitale entre les réunions, des actions de communication en invitant des écoles ou des élus locaux, une journée bilan annuel des groupes par type de production et la mise en place d’un système d’indicateurs pour évaluer les progrès réalisés.

Hélène Laurandel