Face aux questions qui agitent la filière bio, l’Aftaa (Association de formation en productions animales) a organisé le 9 juin un webinaire intitulé « La bio dans tous ses états ! ». De 10 à 20 % de croissance chaque année, le marché bio a marqué le pas en 2021. « Ce n’est pas un bon signal, mais je voudrais le relativiser », nuance Gilles Renart. Le responsable mise en marché bio chez Axéréal et de Centre bio évoque plusieurs biais possibles : une année 2020, prise comme référence, atypique car marquée par le Covid, et des chiffres 2021 affichant un recul de 3,2 % qui restent à consolider, car ne comprenant que les données GMS. « Et peut-être y a-t-il une notion de palier : les croissances se font par vagues », ajoute Gilles Renart, reconnaissant qu’« on ne peut pas nier qu’il y ait des interrogations. »

L’offre française dépasse la demande

L’expert du bio évoque une possible solution avec l’export. Dans une situation où « la consommation est peut-être en cours de tassement, nous n’avons pas peur d’accompagner demain une capacité à exporter et nous positionner sur un marché au minimum européen », déclare Gilles Renart. Car côté production, la France a les moyens. « Depuis la récolte 2019, et encore plus 2021, nous constatons que la production dépasse les utilisations cumulées chez les meuniers et les fabricants d’aliments », fait part Gilles Renart. Une « étape bascule », passant d’un marché tiré par la consommation à une production plus généreuse, « qui va nécessiter des ouvertures sur le marché européen », juge le responsable.

Exports au Benelux

Mais question prix, la France est-elle compétitive, le marché UE étant généralement 40 €/t moins cher qu’en France ? Pour Gilles Renart, le salut passera par une valorisation de l’origine France en local, une segmentation, et par l’export. En raison de la guerre en Ukraine et de la flambée des cours des céréales conventionnelles, « on a eu un effet de déclassement du bio, mais beaucoup plus important a été le bio qui est parti à l’export, notamment sur le Benelux, auprès de fabricants qui étaient sûrement ouverts à l’origine mer Noire et qui se sont trouvés piégés ». De nouvelles opportunités à l’export se sont donc ouvertes, avec en outre « des prix plus soutenus qu’en France ».

La France, « consommateur importateur »

Côté production européenne, Gilles Renart a classé les pays en trois catégories, à partir des données 2019. D’une part, le « quatuor européen du bio » : Italie, Allemagne, France et Autriche, qui sont en tête de la production et de la consommation. D’autre part, « les producteurs exportateurs », avec par ordre de capacité à exporter : Roumanie, Lituanie, Autriche, Suède, Espagne et Italie. Et enfin, les « consommateurs importateurs » : Allemagne, France, Pays-Bas et Danemark. « En maïs, la Roumanie est peu consommatrice, et très productrice », illustre Gilles Renart.

4 % du marché alimentation animale en bio

En alimentation animale, c’est la protéine qui pèche, en particulier le soja. La France n’est autosuffisante qu’à 30 % pour cette production. En alimentation animale, le bio pèse 4 % du marché national : 70 000 t en bio contre 20 Mt en conventionnel. Sa spécificité, c’est la dominante volaille : les aliments pour œufs et chair pèsent 75 % des volumes en bio, contre 40 % en conventionnel. Autre particularité : le bio est plus diversifié en termes de matières premières.

Marion Coisne
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