La production de jeunes bovins (mâles âgés de moins de 24 mois) souffre de la crise sanitaire. Ceux destinés à l’export ont subi la concurrence de la Pologne ou de l’Espagne bradant leur production, et ceux produits pour McDonald’s France ont été impactés par la fermeture des fast-foods. EMC2 est en effet la première coop française en nombre d’animaux sous contrat McDo.

Dans les deux cas, les éleveurs ont dû garder leurs animaux un à deux mois et demi de plus, entraînant un surcoût en alimentation, une réduction du stock fourrager destiné aux lots suivants et un manque de trésorerie. Sans compter qu’au-delà de 24 mois, les jeunes bovins perdent 400 à 450 €.

2 M€ d’avance depuis mars

Pour éviter de franchir la barre des 24 mois, EMC2 a mis en place dès le printemps un ramassage par petits lots, entraînant un surcoût de logistique pas encore estimé par la coopérative. Parallèlement, une avance de trésorerie à taux zéro leur a été proposée. « Nous leur avançons le montant de la vente des animaux jusqu’à ce qu’ils soient physiquement sortis de l’élevage, explique Raphaël Bonnault, directeur élevage d’EMC2. Cette aide a perduré même entre les deux confinements car le stock en ferme ne s’est pas résorbé. Nous en sommes à 2 M€ d’avance depuis mars. »

De son côté, McDonald’s s’est engagé à prendre tous les animaux sous contrat pour 2020 au prix fixé. 30 % de la production d’EMC2 est actuellement en filière ou sous contrat, soit cinq fois plus qu’en 2010. « Notre ambition est d’atteindre 50 % d’ici deux à trois ans. »

Chantal Urvoy