La première AG après Covid de La Coopération agricole Luzerne de France était placée sous le signe du climat. À cette occasion, son président, Éric Masset, a rappelé les atouts de la luzerne en termes de biodiversité avec, notamment, les bandes non fauchées appréciées des apiculteurs (projet Apiluz), d’eau, de faibles intrants, d’empreinte carbone… « Nous avons su identifier très tôt les enjeux majeurs qui se présentaient à nous : c’est ce qui fait la force de Luzerne de France, c’est aussi ce qui a permis de positionner la luzerne favorablement dans la nouvelle Pac qui débutera en 2023 », se félicite-t-il.

Des aides couplées et d’écorégime bien établies

Il y a tout d’abord la reconduction de l’aide couplée à la production de luzerne déshydratée qui intègre la ligne dite « grandes cultures ». « Celle-ci s’inscrit dans un plan protéines ambitieux visant à rendre de l’autonomie protéique à la France », souligne Éric Masset. S’ajoute à cela le dispositif dit d’écorégime qui se traduit par des paiements pour des mesures volontaires allant au-delà des exigences réglementaires. La conditionnalité de ces aides sera renforcée avec le Green Deal. La luzerne aura sa carte à jouer en réduisant l’obligation nouvelle de conserver des surfaces non productives dans les exploitations.

« D’aucuns diront que c’est le retour de la jachère et l’on peut s’interroger, à la vue de l’actualité récente, sur le bien-fondé de maintenir un tel dispositif alors que le monde traverse une crise sans précédent qui le menace de famines dans nombre de ses régions. Nous aurons ce débat, mais pour avoir rencontré la Commission européenne pas plus tard que la semaine passée, il n’est pas d’actualité », souligne Éric Masset.

Construction d’un plan de filière protéines

En attendant, la filière monte son programme opérationnel dédié à la production de protéines végétales pour 2024, un dossier qui lui ouvrirait l’accès à des financements européens de 50 %.

Collectivement, les déshydrateurs se sont engagés à effacer les deux tiers de leurs émissions de GES d’ici 2025 par rapport à 2012. Le préfanage au champ les y aide déjà ainsi que la transition énergétique, vers la biomasse plutôt que des combustibles fossiles, déjà réalisée à 90 %.

Yanne Boloh