« La situation commence à devenir compliquée pour les entreprises entre les cas contacts, les salariés malades et les gardes d’enfant à assurer », commente François Gibon, délégué général de la Fédération du négoce agricole (FNA) contacté ce mardi 11 janvier et qui enregistre à ce jour 20 % de son personnel positif au Covid.

Le point sensible de la logistique

Les solutions mises en place dans les premiers temps de la crise sanitaire, outre le télétravail, refont surface à l’image de la réorganisation sur les sites avec des découpages d’équipe qui évitent de se croiser. Surtout dans un contexte de réception des livraisons fournisseurs, notamment pour les produits phytos et les engrais azotés. Et aussi d’expédition des grains à continuer d’assurer.

« La logistique tient bon pour l’instant malgré les tensions dues au déficit généralisé de chauffeurs », ajoute François Gibon. Et la nouvelle législation européenne, appliquée en France depuis le début de cette année, qui impose un passage aux frontières limité à 40 t au lieu de 44 t n’arrange pas la situation, induisant un plus grand trafic et un surcoût logistique, sans parler des émissions de CO2 supplémentaires.

10 % d’absentéisme dans les coopératives

De son côté, La Coopération agricole annonce un taux d’absentéisme dans les coopératives pouvant atteindre les 10 % des effectifs salariaux, mais l’impact sur la production reste limité. Ses représentants ont rassuré le ministère de l’Agriculture lors d’une réunion de crise hier matin, 10 janvier, sur la capacité des entreprises à assurer l’approvisionnement alimentaire. « Fortes de l’expérience des premiers moments de la crise, les coopératives se sont organisées pour assurer la continuité de leurs activités », est-il précisé dans le communiqué de LCA envoyé à la suite de cette réunion.

Trois mesures demandées par LCA

La Coopération agricole demande toutefois aux pouvoirs publics de prendre trois mesures :

  • rendre plus accessibles aux entreprises de la chaîne alimentaire, en termes de volumes et de coûts, les masques FFP2 qui garantissent une meilleure protection sanitaire des salariés ;
  • donner aux salariés un accès prioritaire aux tests antigéniques et PCR et en assurant la garde de leurs enfants dont les classes seraient fermées « afin de garantir la continuité de service de la chaîne alimentaire » ;
  • déclarer un moratoire sur l’application des pénalités logistiques jusqu’à nouvel ordre, compte tenu des importantes perturbations causées par la crise.

Rester vigilant et rassurer les entreprises

« Si la situation est maîtrisée à ce stade, il faudra cependant rester vigilants dans les prochaines semaines et veiller à ce que toutes les mesures soient prises pour faciliter et garantir la continuité de nos activités économiques. Nous en appelons à la responsabilité de chacun des acteurs », souligne Dominique Chargé, président de La Coopération agricole.

En outre, la mission d’accompagnement de ces fédérations nationales se justifie tout autant qu’en début de crise, notamment en matière de réglementation qui bouge au rythme du Covid. « Les patrons de PME ont besoin de réassurance », avance François Gibon.

Hélène Laurandel
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