Pour fêter les retrouvailles sur le terrain avec ses adhérents, la Scael a convié toute l’équipe de Saipol à son Agricampus. Même Christophe Beaunoir, directeur général de Saipol, avait fait le déplacement. La filiale du groupe Avril est un des trois partenaires de la coopérative, avec InVivo et Cargill, pour valoriser le « colza bas GES ».

Sous un beau soleil, plus de 300 adhérents de la Scael ont participé à l’Agricampus, à Théléville, au nord de Chartres, le 10 juin. © SCAEL

Une prime en moyenne de 15,70 €/t en 2020

« Pour la récolte 2020, 200 agriculteurs avaient produit du colza à faible émission de gaz à effet de serre, soit 25 000 t, 30 % du total de la production de la coopérative. Pour la prochaine récolte, plus de 50 % de nos producteurs ont déjà constitué leur dossier. Les agriculteurs sont contents d’avoir ce nouveau débouché. Les dossiers nécessitent une collecte et un contrôle de nombreux documents, mais nous avons deux personnes au siège qui s’en occupent et quatre conseillers sur le terrain pour les aider à améliorer leurs pratiques », explique Émilie Renault, responsable de la collecte.

Les pratiques évoluent. Même si le labour reste présent dans quasiment la moitié des dossiers, l’implantation de couverts et la substitution de l’engrais minéral par une fumure organique deviennent systématiques. « L’apport de matière organique a davantage d’impact que le non-labour dans le calcul du bilan carbone », souligne Émilie Renault. En 2020, la prime pour produire ce colza bas carbone était en moyenne de 15,70 €/t à la Scael.

« Un standard pour les pétroliers »

Saipol compte passer de 80 000 t collectées en 2020 à 300 000 en 2025, soit 10 % de la trituration totale de l’entreprise. Ce colza bas GES est majoritairement exporté en Europe du Nord. « L’Allemagne et la Suède s’appuient sur une directive européenne sur la qualité des biocarburants pour taxer différemment les carburants bas carbone. Le « bas GES » est devenu un standard pour les pétroliers », indique Romain Lebas, responsable du service Carbone et énergies à Saipol. La Scael et Saipol étudient également de nouvelles cultures pour la production de biocarburant comme la caméline.

Aude Richard