L’usine Saipol Le Mériot, près de Nogent-sur-Seine, triture depuis 2007 des graines de colza provenant pour l’essentiel des zones de culture situées dans un rayon de 250 km. Elle fête ses 15 ans cette année et organisait cette semaine des visites, avant de recevoir mi-mai les familles de ses salariés. Sa situation au cœur des territoires producteurs (c’est aussi le cas pour Lezoux à côté de Clermont-Ferrand), en fait une des cinq usines Saipol de France dédiées aux graines nationales.

Une usine 100 % colza français

« Nous traitons au total plus de 50 % de graines françaises et nous souhaitons augmenter encore cette proportion, notamment avec nos trois usines portuaires de Sète, Bassens et Grand-Couronne », indique Christophe Beaunoir, le DG de Saipol, filiale d’Avril. Le Mériot, qui tourne 7 jours/7 et 24 h/24, triture jusqu’à 1 Mt de graines (l’équivalent de 280 000 ha) qui lui donne 440 000 t d’huile brute, dont 200 000 t sont expédiées dans les autres sites du groupe pour être raffinées. L’unité, certifiée Vlog, produit également 550 000 t de tourteaux de colza non OGM.

Oleo100 pour les flottes captives

Dotée d’un atelier d’estérification, elle élabore par ailleurs, à partir de son huile, 200 000 t de biocarburants diester et Oleo100. Ce dernier, produit depuis 2020 et qui monte en puissance, trouve ses débouchés dans les flottes captives de camions (transporteurs, entreprises, collectivités) et le transport ferroviaire.

Les coproduits, glycérine végétale brute (raffinée dans une autre unité du groupe) et lécithine de colza, trouvent aussi des débouchés à valeur ajoutée, la première par exemple en cosmétique et la seconde pour ses qualités d’émulsifiants, en aquaculture notamment.

Pas de crainte pour l’approvisionnement

Pour Christophe Beaunoir, la situation en Ukraine exige évidemment la vigilance pour les marchés des graines comme des huiles et des tourteaux. Il semble que des graines de la dernière récolte recommencent à sortir du pays par la Pologne et la Roumanie. Reste bien sûr l’inquiétude sur la capacité de semis, de cultiver et de triturer en Ukraine car les tirs russes ciblent et ont ciblé des outils de production. Difficile donc de prédire pour l’instant ce que seront les marchés dans les deux ans à venir.

Pour le dirigeant, il n’y a pas à court terme de risque de rupture pour l’approvisionnement des cinq sites de Saipol ; si Le Mériot et Lezoux triturent des graines françaises, ce n’est pas le cas à Bassens, Grand-Couronne et Sète qui triturent aussi des graines d’importations tant en tournesol qu’en colza. Il n’y aurait pas non plus de risque de rupture au niveau des consommateurs, même si leur comportement de précaution vide les rayons de tous les types d’huiles confondus.

« Nous augmentons encore notre capacité de trituration des graines françaises, notamment de tournesol, qui devrait, cette année, couvrir non plus 700 000 mais 800 000 hectares », conclut Christophe Beaunoir.

Yanne Boloh