La fabrication d’aliments pour animaux en Bretagne reste en tête de la production nationale mais continue à se contracter avec  2,5 % sur le premier semestre 2022 après un repli de 2,6 % en 2021, et juillet affiche  8 %. « Sur la campagne juin 2021 à juin 2022, l’évolution cumulée est de  2,9 %, à 7,255 Mt », a précisé Hervé Vasseur, le président de Nutrinoë, lors du Carrefour international des matières premières que l’association des 15 fabricants bretons organisait avec FeedStim, le 16 septembre, à Apigné (Ille-et-Vilaine).

Un été très dur en porc

Le mois de juillet a été particulièrement difficile pour les aliments destinés aux porcs avec un repli qui s’accentue à 13,5 % sur toute l’espèce porcine (contre 4,5 % sur la campagne juin 2021-juin 2022) et à 13,4 % pour le porcelet ( 5,4 % sur la campagne précédente), même s’il faut tenir compte du nombre inférieur de jours ouvrés. Les premiers éléments disponibles sur août sont dans la même tendance. « La remontée des cours, comme en lait ou en œuf, arrive probablement trop tard, et de nombreux éleveurs sont découragés », souligne le président.

La situation est meilleure en bovins lait (+ 6,4 % en juillet après 0,4 % sur la campagne juin 2021-juin 2022) et plus compliquée en bovins viande ( 7,6 % en juillet après 2,1 % sur la campagne précédente).

Quant à la volaille, si la Bretagne a profité d’un report de la production durant la crise de l’influenza aviaire qui a frappé les Pays de la Loire, ces volumes repartent logiquement dans leur zone « d’origine » : 5,2 % en juillet 2022, contre 0,8 % sur la période juin 2021-juin 2022 pour le poulet de chair, 9,1 % en poule pondeuse contre 1,3 % les 12 mois précédents en poules pondeuses.

Des inquiétudes qui perdurent

Outre les épizooties, avec des cas d’influenza aviaire dans les basses-cours qui font craindre l’endémisation du virus dans la faune sauvage (fou de Bassan, goéland), les cours de matières premières qui, même s’ils se calment, restent élevés et volatils, le découragement de certains éleveurs, le sujet principal d’inquiétude des fabricants est bien l’énergie, comme l’a souligné Anne-Hélène Leroy, du Snia. Et cela non seulement pour les fabricants, mais aussi pour leurs fournisseurs, notamment de coproduits (trituration, déshydratation). Cette question de l’énergie reste suspendue aux décisions du gouvernement et de l’Administration auxquels les syndicats ont demandé l’exemption d’éventuels délestages et rationnements.

Yanne Boloh
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