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Dossier L’emploi sous tension

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L’emploi sous tension
Y. BOLOH

Le constat est sans appel : tous les métiers, tous les niveaux de poste et toutes les régions sont désormais sous tension.

Dans les filières d’élevage et les métiers proches comme la nutrition animale, la situation du recrutement est particulièrement compliquée avec, pour la première fois, des tensions dans tous les domaines, tous les types de postes et dans toutes les régions à la fois. Certains métiers sont depuis longtemps connus pour leurs difficultés à être pourvus (maintenance, industrie, chauffeur, TC…), mais la crise sanitaire liée au Covid semble avoir accéléré le phénomène. L’an dernier, un cabinet de chasseur de têtes comme Biloba a ainsi connu une hausse de près d’un tiers de ses missions.

Il faut avant tout faire connaître ses besoins, comme le montraient lors du Space les annonces placardées sur les stands tant des coopératives que des entreprises privées : 200 postes à pourvoir dans tous les métiers chez Agrial, plus ciblés sur les métiers industriels comme dans le groupe Michel pour faire tourner la nouvelle extension de son usine de Saint-Germain-en-Coglès (Ille-et-Vilaine)… Ou encore, chez Eureden, avec des kiosques sur le stand pour accueillir les candidats. « Toutes les filières sont en manque », confirme Chris­tophe Bressac, responsable de la licence pro productions animales à l’université de Tours. Il n’a pas assez de ses 17 étudiants en alternance cette année pour répondre à toutes les demandes des entreprises.

Faire connaître les métiers

Avril Filière d’élevages a aussi profité du Space pour organiser un job dating au siège à Bruz, tout proche du parc-expo de Rennes. « Nous avons une centaine de postes ouverts chez Sanders, Mixscience et Terrial. L’idée est vraiment de créer un lieu d’échange », note Mathilde Colas, du service communication. Les domaines sont très variés : commerce, industrie, communication et marketing, qualité, maintenance, comptabilité, administration des ventes, R&D. Une cinquantaine de postulants, jeunes comme moins jeunes, ont visité les installations et rencontré des référents métiers de l’entreprise.

La crise est générale, même pour un univers souvent porteur de rêves comme le cheval. Pointant sa forte dynamique et de nombreuses opportunités professionnelles, la filière a décidé d’agir collectivement en lançant le 11 octobre dernier sa campagne « la filière équine recrute » avec le hashtag, #lechevalrecrute. La campagne va monter en puissance d’ici le printemps pour profiter aux jeunes en phase d’orientation. En même temps, la filière vient de valider quatre nouveaux métiers au concours « Meilleur apprenti de France » : cavalier d’entraînement, lad-driver, palefrenier soigneur et enseignant d’équitation. Equi-ressources, le service emploi-orientation de l’IFCE (institut français du cheval et de l’équitation) vient également de lancer un serious game gratuit en ligne pour faire découvrir les métiers du cheval. La cible principale est celle des collégiens.

Des dispositifs facilitant l’entrée dans le monde de l’élevage existent aussi comme le soutient aux stages de Master 2 mis en place par le GIS Avenir élevage qui fédère les acteurs de la recherche, du développement et de la formation. La structure propose ainsi huit stages cette année, principalement centrés sur l’axe élevage et environnement.

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Lors du Space en septembre dernier, les annonces de recrutements étaient nombreuses sur les stands., Yanne Boloh © Yanne Boloh
Des ambassadeurs dans les écoles

Avril Filières d’élevages a initié le projet « relations écoles » du groupe Avril pour répondre aux tensions sur le recrutement. La RH, Joëlle Brechaire, explique : « En sus des job dating, des forums et des opérations Carrefour de l’emploi, comme celle organisée à Bruz lors du dernier Space, nous avons structuré cette démarche avec des salariés ambassadeurs qui font connaître leur métier et qui, par leur passion, en véhiculent une bonne image. » La majorité est issue de Sanders. Ils se déplacent dans les lycées et les établissements d’enseignement supérieur à la rencontre des jeunes et des enseignants. Le projet comporte aussi une dimension d’accompagnement lors de l’entrée dans le monde du travail. « Nous avons aussi des ambitions sur le déploiement de formations en apprentissage. »

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