Le marché des herbicides colza ne devrait pas voir arriver de nouvelles spécialités d’ici à cet automne, mais pour la campagne suivante. « Nous attendons une autorisation de mise en marché pour la benfluraline en présemis incorporée, mais il n’est pas sûr que cette AMM arrive assez tôt pour pouvoir être utilisée cette année », prévient Franck Duroueix, expert stratégique protection intégrée des cultures chez Terres Inovia.

Ces dernières années, les pratiques des agriculteurs ont fortement évolué aux dépens de la prélevée et en faveur de la postlevée précoce et de la post plus tardive avec l’arrivée de Mozzar/Belkar chez Corteva. Ce qui, selon le spécialiste de Terres Inovia, peut poser des difficultés dans certaines situations.

En cas de fortes infestations de graminées

« Aujourd’hui, nous avons pas mal résolu les problématiques dicotylédones avec la postlevée, indique-t-il. Mais la gestion des graminées peut toujours poser problème. » Avec des conditions sèches au moment des semis comme celles que nous avons souvent observées ces dernières années, les producteurs peuvent être incités à faire des impasses sur la prélevée et à se concentrer sur la post. « Or, sans la prélevée, la propyzamide, que l’on retrouve dans les herbicides de type Kerb, n’est pas suffisamment efficace et les doubles interventions sont bien entendu à éviter. Il existe cependant des solutions en prélevée moins onéreuses, à moins de 40 €/ha, ce qui devrait inciter les producteurs à les utiliser en cas de pressions moyennes à fortes en vulpins et ray-grass. Il s’agit du métazachlore seul à 1,5 l/ha, du dimétachlore seul à 1,5 l/ha qui sera à éviter en situations de vulpins, ou de la napropamide à 2 l/ha en présemis incorporée. »