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Dossier S’adapter au réchauffement climatique

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En plus de sélectionner des variétés plus résistantes au stress hydrique ou aux chaleurs plus élevées, l’adaptation aux changements climatiques peut passer par le choix de variétés plus précoces ou semées plus tôt ou par le choix d’autres cultures.

Les épisodes de sécheresse sont légion en France depuis dix ans, et la remontée des températures se confirme d’année en année. « Le colza fait malheureusement partie des cultures très impactées, reconnaît Aurore Baillet, ingénieure développement chez Terres Inovia. La baisse des surfaces ces trois dernières années est directement liée aux conditions d’été trop...
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Le sorgho remonte vers le nord
Blandine Cailliez, © Blandine Cailliez

« Jusqu’à il y a quelques années, le sorgho était cultivé surtout en Occitanie, le cœur historique de la production, mais depuis quatre ou cinq ans, il intéresse des agriculteurs d’autres régions qui ont dû faire face à des épisodes de sécheresse, constate Pierre Guillaumin, de l’association Sorghum ID. Sa culture est remontée vers le nord, on en trouve désormais dans le Centre, en Bourgogne, dans la Vallée de la Loire, et même plus au nord. Les surfaces ont grimpé de 35 % cette année et de 43 % en deux ans ! Il occupait en 2020 115 000 ha en France, 87 000 ha en sorgho grain et 28 000 ha en sorgho fourrager. Il est aussi cultivé en cultures intermédiaires pour la méthanisation. » D’après l’UFS, les surfaces de multiplication de semences ont augmenté de 57 % en 2020. Malgré cela, il risque d’y avoir des tensions sur le disponible car la demande ne cesse de croître.

Noriap teste plusieurs cultures
Blandine Cailliez, © Blandine Cailliez

Bien que Noriap soit implanté dans les départements de la Somme et de Seine-Maritime, au climat en principe privilégié, ses adhérents ne sont pas épargnés par le réchauffement climatique et des rendements parfois chaotiques avec les cultures classiques. « Pour aider les agriculteurs à s’adapter, nous nous intéressons à plusieurs cultures qui peuvent présenter un intérêt en termes de débouchés rémunérateurs, et être cultivées dans notre environnement agroclimatique, explique Philippe Pluquet, responsable technique productions végétales à la coopérative. Pour apporter un service complet à nos adhérents, notre objectif est de monter des filières. Les plus avancées sont celles du lupin (photo) et du soja ». La coopérative a implanté ses premiers essais de lupin il y a trois ans et, petit à petit, des agriculteurs s’y sont intéressés, avec cette année 200 ha de variétés de printemps ensemencés et récoltés et, cet automne, 150 ha de lupin d’hiver semés. « En lupin de printemps, les rendements oscillent en général entre 30 et 44 q/ha, indique-t-il. Cette année, la fourchette a été plus large car nous avons vraiment souffert de sécheresse. Malgré cela, nous avons de bonnes surprises dans certaines parcelles, à 38 q/ha et même 30 q/ha en mauvaises terres. Nous avons moins de références en lupin d’hiver, mais son potentiel de rendement est en principe plus élevé. » Il est persuadé que le lupin possède un fort potentiel de développement dans sa région, surtout si un plan protéines se met en place. « Nous avons un peu plus de recul en soja, puisque nous en produisons depuis trois ans, précise-t-il. Cette année, ce sont 200 et 250 ha que nous avons implantés. Nous regardons aussi de près le chanvre, une culture qu’il était impossible d’envisager dans le Nord il y a encore quelques années. »

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