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Dossier Une vague de concentrations

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L’année 2019 restera historique pour certaines entreprises bretonnes. Côté coops, Groupe d’aucy et Triskalia laissent place à Eureden. Côté négoces, les rangs se resserrent également. Et ce, sur fond d’une région briguant le leadership européen du bien manger.

C’est une année riche en mouvements d’entreprises qu’a connue la Bretagne. Avec un temps fort, certes déjà annoncé : l’union entre Groupe d’aucy et Triskalia, qui a eu le feu vert de l’Autorité de la concurrence en juillet 2019, et celui de ses adhérents à l’unanimité le 13 décembre. La fusion suivra au 1er janvier 2021 pour ce groupe coopératif qui pèse aujourd’hui 3,1 milliards d’euros et vise les 5 milliards d’ici cinq ans.

Le négoce breton connaît aussi plusieurs rapprochements. Ainsi les négoces finistériens Le Gall et Corre ont fusionné, fin mai, dans une entité aux deux noms. En Ille-et-Vilaine, le groupe Terdici a repris, en juillet dernier, l’entreprise Touchard qui lui permet de se développer en productions végétales sur la région de Fougères. Une zone où ce groupe, fabricant et distributeur d’aliments, est déjà présent en nutrition animale ruminants et porcs. « Marcel Touchard voulait céder son négoce. Notre proximité et notre connaissance du métier ont joué en notre faveur. Nous avons ainsi quatre filiales négoces, avec Gaudiche, Goutière Appro et Agri Demeter, que nous allons fusionner en une seule entité », explique Christophe Viel, dirigeant de Terdici qui peut désormais alimenter ses usines avec une collecte de 110 000 t.

négoce : un nouveau groupe à 80 M€

Le négoce Demeuré, près de Rennes, vient de passer sous la direction de Frédéric Gaudin, dirigeant de GN Solutions (Morbihan), devenu actionnaire majoritaire à la suite du départ à la retraite de Bruno Demeuré. La holding financière FNI du réseau Impaact, dont sont membres ces négoces, et Sofiprotéol complètent le tour de table financier. Autre adhérent du réseau, le négociant Bernard Floch apporte son appui sur le dossier alimentation animale « qui est moins mon cœur de métier », précise Frédéric Gaudin qui élargit ainsi son territoire en Ille-et-Vilaine et en Côtes-d’Armor. Il se retrouve à la tête d’un groupe de 80 M€ de CA et 180 000 t de collecte, avec de nouvelles ressources qui permettront de monter en compétences par la spécialisation de collaborateurs sur des dossiers comme la HVE.

HVE et chartes RSE en vogue

Cette certification fait son chemin en Bretagne. Elle a été décernée à tous les adhérents de la coop de tomates Solarenn. La première exploitation polyculture-élevage a été certifiée HVE chez Eureden. Dans le négoce, des formations HVE sont dispensées par Asfona. Ce secteur s’attaque aussi à la RSE, avec un groupe de travail de dix entreprises attelées à établir chacune leur propre charte, et qui interviendra en mai prochain au congrès de Négoce Ouest.

Conjointement à toute cette dynamique, la Région a lancé en 2017, inspirée par la Cop21, la démarche Breizh cop afin d’engager le territoire autour de deux enjeux : le « bien manger pour tous » et le climat et l’énergie. Coop de France Ouest et des coopératives adhèrent à cette initiative, qui sous-tend notamment le fil conducteur d’Eureden. La Bretagne est ambitieuse : elle veut devenir leader du bien manger en Europe.

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Eureden, le nouveau leader agroalimentaire coopératif breton
MANUEL GRIMAUD, © MANUEL GRIMAUD

Avec Eureden, est né le nouveau leader agroalimentaire coopératif breton avec ses 3,1 Mds€ de CA, devant Cooperl Arc Atlantique (2,3 Mds€) et Even (2,2 Mds€). Dans la perspective de la fusion au 1er janvier 2021, tous les actifs ont été basculés dans l’union. Le conseil de surveillance, déjà fort de 26 membres coopérateurs à parité entre les deux entités, est présidé par le président de Groupe d’aucy, et le directoire avec les deux DG, par celui de Triskalia. Une attention est portée à la gouvernance avec une organisation pour garder de la proximité et une nouvelle charte de l’élu, finalisée en ce début d’année. L’organisation est calée jusqu’au dernier maillon pour l’ensemble des branches. Sur le terrain, les TC gardent leur portefeuille historique jusqu’à la fin de la campagne actuelle. Ces portefeuilles seront ensuite redistribués dans un objectif d’optimisation. Prochaine étape : établir le business plan.

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