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Dossier Agri2C issue du négoce

Agri2C issue du négoce

Deux anciennes salariées d’un négoce mosellan ont monté une structure de conseil indépendant spécialisé dans la réglementation, appuyées par leur ancien employeur.

Jusqu’au 31 décembre 2020, Mathilde Botter et Lucie Schrecklinger représentaient le service réglementation du négoce Hexagrain, à Château-Salins (Moselle). En 2021, elles se sont jetées à l’eau et ont fondé en mars Agri2C, qui propose du conseil en réglementation aux agriculteurs. « Après l’annonce de la séparation vente conseil pour les produits phytosanitaires, quand on a commencé à regarder les définitions du conseil stratégique et spécifique, on s’est dit que c’était dommage de ne pas proposer le CSP à nos clients, car c’était des données que nous traitions déjà », relate Mathilde Botter. Chez Hexagrain, les deux jeunes femmes proposaient un accompagnement réglementaire : traçabilité phytosanitaire, plans de fumure… « Et il y avait un risque de perte de clientèle, avec une organisation qui ferait le CSP mais pas seulement », ajoute la conseillère.

Actionnariat croisé

Reste que le négoce ayant choisi la vente, il fallait recréer une structure dans les clous de la séparation capitalistique. « Les associés minoritaires, avec moins de 10 % du capital d’Hexagrain, ont pris des parts dans la limite de 10 %, et 32 % au cumulé », explique Mathilde Botter. Le reste du capital est détenu par la conseillère et sa collègue. Elles sont parties avec leurs clients, et ont développé leur portefeuille. Si la création d’Agri2C a été motivée par le CSP, leur activité se concentre pour le moment sur d’autres services : déclaration Pac, plans de fumure, préparation de contrôles phytosanitaires, accompagnement vers la certification HVE… « On a aussi eu des demandes pour des dossiers méthanisation, on a commencé à développer cette prestation », complète Mathilde Botter.

Hausse des tarifs de 25 %

Elles travaillent aussi avec des négociants. « Par exemple, nous sommes intervenues pour faire un point sur la Pac et la HVE lors d’une journée organisée par un négoce », illustre la conseillère. Un système gagnant-gagnant : « Le négoce n’a personne sur le sujet en interne et nous, cela nous donne de la visibilité. » Agri2C espère obtenir son agrément conseil en septembre 2022 pour pouvoir proposer des CSP. « Beaucoup d’agriculteurs ont renouvelé leur Certiphyto récemment, ils se sentent peu concernés. On est encore dans la pédagogie. » Pour Hexagrain, leur départ n’engendre « ni gain, ni perte », estime Jérôme Jamin, le directeur, car les prestations étaient plutôt de l’ordre du service non facturées à leur valeur réelle. Il était réservé à des clients 100 % appro chez Hexagrain. Pour être rentable, « il a fallu augmenter nos tarifs de 25 % », grimace Mathilde Botter. Mais globalement, cela a été bien pris. De 160, leurs clients sont passés à 240. « On va probablement partir sur une embauche ; le carnet de commandes est ultra-rempli ! »

Lucie Schrecklinger (à g.) et Mathilde Botter proposent notamment des prestations autour de la Pac, de la HVE, et bientôt du conseil stratégique phytosanitaire.,
Chez Hexagrain, des salariés sont actionnaires

Le négoce Hexagrain est né en 2005 à Château-Salins (Moselle). Il réalise autour de 30 M€ de chiffre d’affaires, en appro (10 M€) et collecte (20 M€). Le CA de cette dernière activité, lancé il y a trois ans, est en constante augmentation, comme les volumes collectés : près de 18 000 t la première année, jusqu’à 50 000 t en 2021. « En 2022, nous devrions être autour de 80 000 t », chiffre Jérôme Jamin, directeur du négoce qui compte 17 collaborateurs. À sa naissance, le capital d’Hexagrain se répartissait entre ses huit créateurs, dont six TC. Depuis 2005, deux sont partis et ont revendu leurs parts, et il y a deux ans, deux sont partis à la retraite. « Nous avons alors créé une holding et ouvert le capital à tout le monde », relate Jérôme Jamin. Les actionnaires sont aujourd’hui dix : trois des créateurs ont 25 % chacun, le quatrième 10 % et les 15 % restants se partagent entre les six autres, avec des participations entre 1 et 3 %.

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