Imprimer Envoyer par mail

Dossier Le CSP en ligne de mire côté chambres

réservé aux abonnés

Le CSP en ligne de mire côté chambres
Claudius THIRIET

Les chambres d’agriculture se sont fixé des objectifs de réalisation de conseils stratégiques phytosanitaires, avec une incitation financière inédite.

Dès que le CSP est né, les chambres d’agriculture s’en sont emparées. Un groupe d’expert a planché sur une grille dès les premières discussions, la finalisant lors de la parution du référentiel au Journal officiel. « On a mis les moyens : à date, 90 % des chambres proposent un accompagnement sur le sujet et le 100 % sera atteint d’ici l’été », chiffre Jérémy Dreyfus, au service politiques et actions agri-environnementales à l’APCA. Près de 300 conseillers ont été formés et le recrutement n’est pas simple. « Il n’y a pas foule pour faire ce conseil, constate Philippe Noyau, président de la chambre d’agriculture Centre-Val de Loire et secrétaire adjoint de l’APCA. Il faut être aguerri. Si l’on considère que c’est juste une signature à obtenir, on peut mettre des profils débutants, mais si l’on veut que le conseil serve à l’agriculteur, il faut quelqu’un d’expérimenté. » La demande en CSP restant pour le moment limitée, les chambres restreignent les embauches de conseillers, mais vu le nombre de producteurs à visiter, il en faudra… « Le CSP démarre tranquillement. Avec les crises qui se succèdent, les agriculteurs ont autre chose à penser », analyse Philippe Noyau.

HVE et bas carbone concernés aussi

Toutefois, les chambres comptent bien enchaîner les CSP. Elles en ont fait l’une des thématiques de leur projet stratégique, rédigé en 2019 avec des objectifs à atteindre, carotte financière à la clé. « Chaque chambre du réseau a fait remonter ses objectifs de réalisation, explique Jérémy Dreyfus. On monitore tous les ans les conseils réalisés et, en fonction du pourcentage de réalisation, une part financière leur revient. » Ce bonus vient d’un fonds de péréquation national, auquel les chambres contribuent, dont le budget a été augmenté pour permettre ce système de redescente de contributions financières en fonction des objectifs atteints. Les CSP sont concernés, mais aussi l’accompagnement sur la certification environnementale (niveau 2 et HVE), ou encore le bas carbone.

1 300 CSP réalisés en 2020

Ces engagements ont été repris dans le contrat d’objectifs et de performance (COP) signé fin novembre 2021 avec l’État. « C’est la première fois qu’il y a un engagement chiffré de la part du réseau, avec une contrainte financière », appuie Jérémy Dreyfus. En 2020, l’objectif de 7 601 conseils (stratégique global qui est assez minoritaire, CSP, HVE 2 et 3, et carbone) a été dépassé, avec 8 540 réalisés. Pour 2022, 12 804 conseils sont visés. Côté CSP, « 1 300 ont été faits durant la phase de test de ce conseil en 2020 », précise Jérémy Dreyfus. Les chiffres 2021 ne sont pas encore consolidés.

Contenu réservé aux abonnés Agrodistribution
pour vous connecter et poursuivre la lecture
1%

Vous avez parcouru 1% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à Agrodistribution
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Profitez de notre progressive web app
  • > Recevez les 4 newsletters
  • > Recevez 1 numéros chez vous
J'en profite !
Plusieurs leviers à actionner

Pour rappel, depuis le 1er janvier 2021, les exploitations doivent justifier de deux CSP par intervalle de cinq ans. De facto, chaque ferme, sauf exception (1), doit avoir reçu un CSP avant le 31 décembre 2023. Cette obligation sera vérifiée lors du renouvellement du Certiphyto décideur et des contrôles SRAL. Le rapport du CSP réalisé par les conseillers de chambre fait un état de l’évolution des IFT et pose le contexte de l’exploitation, avec les atouts et les contraintes. Le projet d’exploitation, sur le plan technique, économique, environnement et/ou social à 3 à 5 ans, est décrit, ainsi que celui sur la stratégie de protection des plantes. Un plan d’actions élaboré avec l’agriculteur est présenté, listant des leviers, comme le désherbage mécanique, les variétés ou la vigilance sur les étiquettes pour éviter les produits CMR. Le rôle du distributeur accompagnant l’exploitant, notamment sur les semences et l’information produit, reste central pour l’aider à actionner ces leviers.

(1) Les exploitations bio et HVE sont exemptées de CSP et les fermes en cultures spécialisées de moins de 2 ha et de moins de 10 ha pour les autres cultures ne doivent justifier que d’un conseil en cinq ans.

90 % des chambres d’agriculture proposent déjà un accompagnement pour un CSP., Claudius THIRIET © Claudius THIRIET
Imprimer Envoyer par mail