Imprimer Envoyer par mail

Dossier Ça roule pour Coc !

réservé aux abonnés

-->
La filière B100 se bat pour obtenir la vignette Crit’Air 1 pour avoir le droit de circuler dans les zones à faibles émissions (ZFE) dans les prochaines années, mais le lobbying des autres distributeurs d’énergies freine cette démarche.

Une seule coopérative s’est lancée dans l’estérification pour donner du biodiesel : Centre Ouest céréales. Elle produit du coc100 et joue au petit poucet, discret et flexible, face aux poids lourds du secteur.

«Lorsque l’arrêté ministériel pour utiliser le B100 est paru, nous nous sommes intéressés à ce nouveau carburant », indique Thierry Barrois, responsable de la filière B100 à la coopérative Centre Ouest céréales. Pour Coc, la production de ce biocarburant était l’occasion d’avoir une nouvelle corde à son arc. Dès 2007, Coc se lance dans la trituration de colza pour fabriquer des tourteaux et des biocarburants, face à des géants comme Saipol (Avril). Quinze ans plus tard, alors que des concurrents ferment des usines et que des voix s’élèvent contre l’utilisation des terres agricoles pour fabriquer de l’énergie, l’usine de Chalandray (Vienne) triture près de 250 000 t de colza et pèse la moitié du CA de la coop. La production d’huile s’équilibre à deux tiers de biocarburant, un tiers d’huile alimentaire.

Une stratégie de diversification pour anticiper les éventuels changements de réglementation. « Si demain le diesel diminue, l’incorporation de biodiesel également, et le marché sera en recul. Aujourd’hui, le coc100 a le vent en poupe, mais cela peut changer rapidement selon les orientations de nos politiques, il vaut mieux être flexible », prévient Ulrich Houseau, le nouveau DG de Coc. Thierry Barrois ajoute : « En 2035, les moteurs thermiques cesseront d’être fabriqués et, d’après le Gouvernement, on s’orientera vers le tout-électrique à l’horizon 2050. Les biocarburants sont donc une énergie de transition pour au minimum les 15-20 ans à venir. »

Pas plus cher que le diesel

Les biocarburants étaient jusqu’en 2018 limités à une incorporation dans le diesel entre 7 et 30 %. Ils le sont toujours pour les véhicules légers. Mais depuis 2018, il est possible pour les flottes captives (camions, bus, benne à ordures…) de rouler au 100 % colza, avec un système d’approvisionnement dédié pour chaque utilisateur. Depuis un an, la coop se lance sur ce nouveau marché et devient distributeur de biocarburant coc100, pour « carburant d’origine colza 100 % ». Elle a converti sa flotte de 38 camions et investi dans des cuves de stockage. L’usine ne requiert pas de changement. « Nous mettons à disposition une cuve et la pompe, et nous participons financièrement à l’adaptation du camion. Pour le transporteur, le prix du coc100 n’est pas plus cher que le diesel d’origine fossile et permet une réduction de plus de 60 % des émissions de CO2 », explique Thierry Barrois qui vise un déploiement sur toute la France.

Une équipe commerciale dédiée

Reste à convaincre les transporteurs et les constructeurs. Car si le coc100 est facile d’accès et d’utilisation, seul quatre marques de camions ont homologué une partie de leurs motorisations, il n’est pas autorisé à être distribué en station-service et il entre en concurrence avec une multitude d’énergies alternatives : biogaz, électrique, hydrogène… La coop a embauché une équipe commerciale. Depuis un an, les ventes de biocarburant progressent fortement et elle vise 20 000 à 30 000 t de coc100 d’ici deux à trois ans.

Contenu réservé aux abonnés Agrodistribution
pour vous connecter et poursuivre la lecture
1%

Vous avez parcouru 1% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à Agrodistribution
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Profitez de notre progressive web app
  • > Recevez les 4 newsletters
  • > Recevez 1 numéros chez vous
J'en profite !
Un colza sous cahier des charges

Un tiers des 250 000 t de colza provient des adhérents, les deux autres tiers sont achetés à des OS. Coc ne surfe pas sur la vague du « colza bas gaz à effet de serre ». L’application de la réglementation européenne tarde à se déployer et les transporteurs français ne le réclament pas encore. « Nous avons une démarche de filière. 95 % de nos colzas répondent à un cahier des charges avec des consignes de production, comme les plantes compagnes pour limiter les désherbants et insecticides, l’apport d’engrais organique, l’interdiction des antilimaces de synthèse… », note le DG, Ulrich Housseau. La coop qui est une des rares à travailler 100 % en prix moyen campagne, propose une prime de traçabilité du colza de 10 €/t.

Imprimer Envoyer par mail