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Dossier Réenchanter le végétal

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Réenchanter le végétal
ALEXIS DUFUMIER

Parfois banalisées, les filières végétales normandes sont obligées de se réinventer pour créer plus de valeur ajoutée sur le territoire. De nombreux acteurs s’y emploient.

Une partie de la société est en attente de garanties pour des productions végétales plus respectueuses de l’environnement. Les filières normandes ont reçu le message et s’engagent dans différentes initiatives valorisantes. Agrial, qui détient notamment les marques de légumes Florette et Priméale, poursuit par exemple sa démarche de zéro résidu baptisée « Agrilogique ». La première coop de France accélère aussi sur le label HVE pour les productions légumières. D’autres opérateurs, comme le négoce Lepicard, entendent également être acteurs autour de ce label.

La mise en place du référentiel label bas carbone pour les grandes cultures au printemps 2021 a par ailleurs sonné comme un coup d’envoi pour NatUp qui souhaite dérouler tout un programme. Le groupe coopératif avait déjà acquis ces dernières années une solide expertise en la matière dans le secteur des productions animales. Désormais, il vise à « déployer cette proposition de valeur dès que possible » auprès de ses adhérents en productions végétales.

Le manque de différenciation des filières grains (colza, blé, orge) sur les marchés mondiaux expose les producteurs à des problèmes de marge en cas de cours bas ou de volatilité des rendements comme ce fut le cas ces dernières années. Ces signaux ont été saisis par plusieurs acteurs pour expérimenter la voie de la labellisation notamment, comme la farine de blé tendre 100 % normande mise en place par NatUp.

De nouvelles cultures

De nouvelles cultures voient le jour comme le sorgho, le quinoa, le pois chiche, etc. Un projet de plantation de noisetiers est dans les tuyaux également en vue d’approvisionner Ferrero (Nutella), dont le siège social France est situé près de Rouen.

La coopérative de Creully accompagne les adhérents qui le souhaitent vers la production de silphie. Cette plante pérenne, très peu gourmande en intrants, peut apporter des solutions face à certains défis environnementaux. Son intérêt en élevage bovin pourrait être important. La coop, également bien implantée dans le secteur de la pomme de terre de consommation, expérimente des pistes en industrie et production de plants et croit beaucoup au potentiel du littoral normand pour développer et relocaliser des productions légumières parfois importées. Une filière de chanvre textile est aussi en cours de constitution avec rouissage au sol. La filière envisagée s’appuie sur le même modèle industriel que le lin fibre pour tirer profit des savoirs et des outils déjà existants.

Des circuits courts en B2B

Une autre façon de créer de la valeur autour du végétal est de créer des circuits courts en B2B. La région normande voit ainsi une filière brassicole en plein bourgeonnement avec la création d’une première malterie destinée à approvisionner le marché local des brasseries artisanales. Malgré un lancement chaotique en plein Covid, les indicateurs sont aujourd’hui au vert, signe que le projet répond à un véritable besoin. En parallèle, une filière de houblons normands se structure à une petite échelle. D’autres productions végétales en circuits courts sont mises en place, comme le blé dur avec Lustucru (NatUp).

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La Chine, acheteur n° 1 de céréales à Rouen

La valorisation à l’export reste malgré tout importante avec la présence de Rouen, le premier port européen d’exportation des céréales. Les opérateurs ont ainsi exporté 6,45 Mt lors de la campagne 2020-2021. Malgré une baisse des tonnages exportés (9,9 Mt en 2019-2020), le grand port maritime conserve sa place de leader en assurant la moitié des exportations françaises. Fait notable, la Chine est devenue la première destination des céréales expédiées depuis Rouen.

Des démarches environnementales de différenciation montent en puissance via des filières HVE ou zéro résidu, en légumes par exemple., ALEXIS DUFUMIER © ALEXIS DUFUMIER
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