27 % des agriculteurs interrogés dans notre sondage Agrodistribution-ADquation déclarent utiliser des biostimulants. Soit 11 points de plus que l’année dernière ! Ce chiffre grimpe même à 38 % dans l’Ouest, à 36 % chez les agriculteurs ayant plus de 150 ha de SAU et à 34 % en grandes cultures. Sachant que ce sondage est centré sur les exploitations de grandes cultures, d’élevage et de polyculture-élevage, et donc n’aborde pas les cultures spé.

« C’est clairement surestimé »

« C’est clairement surestimé, je pense qu’il y a une confusion dans les esprits entre biocontrôle et biostimulants », réagit Laurent Largant, délégué général d’Afaïa, syndicat des fabricants et metteurs en marché de fertilisants organiques et biostimulants, qui mène une enquête annuelle auprès de ses adhérents sur les ventes de fertilisants organiques et de biostimulants. La définition de biostimulants est pourtant clairement rappelée au moment de la question posée, et est bien distinguée des produits de biocontrôle, utilisés en protection des plantes.

D’autant que « l’agriculteur ne répond a priori que sur des biostimulants utilisés purs, car il n’a pas forcément l’impression d’en acheter lorsqu’ils sont en mélange avec des fertilisants organiques ou en enrobage de semence », ajoute Laurent Largant.

Au-delà de ces résultats, qui sont sans doute à prendre avec des pincettes, c’est surtout la tendance qui est à suivre car « le secteur continue de progresser d’environ 10 % par an », avance Laurent Largant.

Bientôt plus de ventes en grandes cultures qu’en cultures spé

« Et avec le futur règlement européen, le développement va être encore plus fort », souligne Christian Hecker, fondateur d’Iftech, entreprise spécialisée dans les biostimulants et le biocontrôle. D’ailleurs, pour revenir à notre sondage, 22 % des agriculteurs, aujourd’hui non-utilisateurs, seraient, indépendamment du prix, prêts à en appliquer, notamment dans le Nord-Est (30 %). Seuls 44 % ne l’envisagent pas du tout. C’est 10 points de moins que l’an dernier.

« Année après année, la part des ventes en grandes cultures augmente par rapport à celles en cultures spé, confirme Laurent Largant. Il n’y a pas si longtemps, le ratio était d’1/3-2/3, il s’approche maintenant de 50-50 et va connaître une inversion dans quelques années. »

Renaud Fourreaux