38 % des producteurs de maïs grain affirment suivre un cahier des charges pour la campagne 2021, d’après notre enquête ADquation-Agrodistribution. Et ce, sur la totalité des surfaces de la culture pour la très grande majorité d’entre eux.

En effet, certains cahiers des charges peuvent imposer d’inclure toute la surface de la culture concernée. C’est le cas de la certification pour avoir accès à l’équivalence des aides du verdissement, qui oblige le producteur à le respecter sur la totalité des surfaces de l’exploitation. D’autre part, ce questionnaire englobe également les surfaces en agriculture biologique qui, certes, ne sont pas encore très développées en maïs (autour de 30 000 ha, selon Maïz’Europ’).

Développement de la HVE en perspective

Les surfaces couvertes par des cahiers des charges sont appelées à se développer. Notamment avec le déploiement de la certification HVE. Ainsi, l’interprofession du maïs vise les 10 000 exploitations maïsicoles certifiées HVE d’ici à 2025 si le cahier des charges de ce label est mieux adapté à la maïsiculture. Des avancées étaient attendues en 2021. Justement, le comité de la CNCE a validé, lors de sa réunion du 14 janvier dernier, la suppression du malus affectant le maïs dans le module « Phytosanitaire », ainsi que l’intégration du maïs dans le calcul de l’IFT hors herbicide.

La mise en œuvre de ces changements devrait intervenir d’ici la mi-2021 après la publication de l’arrêté ad hoc. Les exploitations déjà certifiées disposeront de deux campagnes entières pour adopter ces modifications.

36 % en BTH et 29 % en colza

De même, en blé et en colza, le développement de la HVE devrait se traduire par une progression des surfaces sous cahier des charges. Cette certification touchant d’ailleurs l’ensemble de l’exploitation.

Toujours selon cette même enquête ADquation-Agrodistribution, les cahiers des charges sont adoptés par 36 % des producteurs de blé tendre d’hiver et 29 % des colzaïculteurs. Dans les deux cas, la très grande majorité les applique sur la totalité de la surface de la production concernée. En BTH, les agriculteurs possédant moins de 100 ha de SAU ainsi que ceux travaillant principalement avec une coopérative sont 42 % à œuvrer sous cahier des charges.

L’expansion du bio, du blé CRC et d’Agri-Éthique

La croissance du marché bio devrait aussi faire progresser ces chiffres. Selon l’Agence bio, pour la récolte 2019, les surfaces ont augmenté de 17 % en céréales bio et de 16 % en oléagineux bio par rapport à 2018. Un groupe coopératif comme Unéal vient d’ailleurs de s’engager encore plus dans ces filières bio.

D’autre part, en blé tendre, des certifications ou labels comme le blé CRC ou Agri-Éthique connaissent une belle expansion. Les surfaces de blé CRC ont ainsi été multipliées par deux en trois ans, entre 2016 et 2019. Une certification CRC qui se développe sur d'autres productions : blé dur, seigle, sarrasin, grand épeautre. Et bientôt en pois chiche pour la récolte 2021 et en projet en colza pour 2022, puis en riz, maïs et avoine pour 2023.

Hélène Laurandel