« Le message de ce sondage est un message d’encouragement », commente Nicolas Cerrutti, ingénieur chez Terres Inovia. Chargé d’études sur la biodiversité fonctionnelle, il travaille pour aider les agriculteurs à mieux mobiliser les services rendus par les insectes auxiliaires.

En effet, selon notre baromètre ADquation-Agrodistribution, 42 % des agriculteurs affirment avoir mis en place des pratiques agricoles ou des aménagements particuliers destinés à préserver les insectes auxiliaires de leurs cultures, qu’ils soient des pollinisateurs ou des ennemis naturels des ravageurs.

« Agréablement surpris » par ces résultats

«« Nous sommes à une période charnière, de transition, où le rôle fondamental que joue la biodiversité en tant que support de l’activité agricole est de plus en plus reconnu et mobilisé par les agriculteurs, pour leur permettre de répondre aux grands enjeux actuels. Il est d’ailleurs probable que les chiffres de ce sondage dépassent la majorité d’ici peu. Même si on aimerait être déjà à 80 %, ce chiffre de 42 % est loin d’être négligeable et c’est très encourageant », continue Nicolas Cerrutti, agréablement surpris par ces résultats.

D’autant plus que ce sondage s’est intéressé aux exploitations ayant en activité principale les grandes cultures, la polyculture-élevage ou encore l’élevage (ruminants). Secteurs où bien souvent la thématique des auxiliaires n’était pas un point aussi névralgique qu’en arboriculture ou maraîchage.

Une majorité en grandes cultures et Nord-Est

L’intérêt des agriculteurs porté à cette thématique est en effet à souligner, notamment en grandes cultures avec 53 % d’agriculteurs ayant mis en place des actions de préservation de la faune auxiliaire. Et aussi dans le Nord-Est avec 52 %. Les moins de 100 ha de SAU (49 %) sont également les plus sensibilisés à cette cause. Ainsi que les moins de 50 ans (48 %) ; ce qui est encourageant également pour l’avenir.

De leur côté, les éleveurs et les producteurs de l’Ouest sont les moins nombreux à mettre des pratiques en place, avec respectivement 26 % et 35 % de oui. Est-ce à relier au fait que dans les deux cas, on a affaire à des zones plus fourragères, avec de la prairie, et plus bocagères, donc naturellement plus favorables aux insectes auxiliaires ? Ou au fait que dans les zones les plus concernées sont rencontrés, entre autres, des phénomènes de résistance des ravageurs à certaines familles d’insecticides qui incitent à chercher des solutions alternatives  ? Ou une combinaison des deux.

« Continuer sur cette voie prometteuse pour l’avenir »

Pour Nicolas Cerrutti, qui travaille depuis 2017 à l’animation d’un groupe de producteurs autour de la thématique des insectes auxiliaires, « ces résultats sont très motivant et donnent envie de poursuivre les efforts et faire progresser davantage l’intérêt des producteurs sur cette thématique» qui représente une voie prometteuse pour l’avenir de l’agriculture.

Hélène Laurandel